Certains individus possèdent une immunité naturelle contre le VIH et le SIDA grâce à des mutations génétiques spécifiques. Les chercheurs visent à reproduire ces mutations dans des cellules immunitaires en laboratoire, à l'aide de la technologie CRISPR.

Une immunité naturelle contre le VIH
Les gènes CXCR4 et CCR5 codent pour des protéines essentielles à l'entrée du VIH dans les cellules immunitaires, causant leur destruction et la maladie.
Il est établi que des mutations spécifiques dans ces gènes confèrent une résistance au virus, bien que la preuve absolue reste complexe à obtenir. L'origine de ces mutations reste débattue (certaines hypothèses impliquent la peste bubonique). Aujourd'hui, les scientifiques explorent comment induire ces mutations de manière contrôlée dans des cellules immunitaires saines.
Les cellules T, principales cibles du VIH, ne survivent que quelques semaines en culture. Introduire des modifications génétiques est ardu : les vecteurs viraux classiques sont peu efficaces sur ces cellules.
La technologie CRISPR-Cas9 révolutionne cela en permettant des éditions précises et rapides de l'ADN. Récemment utilisée contre la drépanocytose, elle offre maintenant un espoir dans la lutte contre le SIDA, une maladie contrôlable par traitements mais incurable à ce jour.
Des équipes américaines appliquent CRISPR à des cellules T de donneurs sains en boîte de Petri. Par criblage systématique, elles identifient les mutations bloquant l'infection par le VIH. Les meilleures candidates seront testées in vivo chez des animaux de laboratoire pour confirmer leur efficacité.
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