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L'anesthésie générale chez les bébés : un impact potentiel sur la mémoire à long terme

Toute personne ayant subi une anesthésie générale complète durant sa petite enfance pourrait présenter des troubles de la mémoire plus tard dans la vie.

L anesthésie générale chez les bébés : un impact potentiel sur la mémoire à long terme

Des études animales antérieures avaient déjà démontré que l'anesthésie pouvait endommager les zones cérébrales impliquées dans la récupération des souvenirs. Des chercheurs américains, menés par Greg Stratmann de l'Université de Californie à San Francisco (UCSF), ont investigué ces effets chez l'humain, particulièrement chez les bébés dont le cerveau est en plein développement et donc vulnérable.

Dans une étude pilote impliquant deux groupes de 28 enfants âgés de 6 à 12 ans, le premier groupe avait subi une intervention chirurgicale sous anesthésie générale avant l'âge de 12 mois, tandis que le second n'en avait pas reçu. Chaque enfant du premier groupe était apparié à un témoin du second groupe selon le sexe, le QI, le comportement et l'âge.

Tous les enfants ont visionné des dessins à l'écran, entourés d'une bordure colorée et positionnés spécifiquement. Cinq minutes après, on leur a présenté les mêmes dessins alternés avec de nouveaux. Ils devaient indiquer s'ils les reconnaissaient et rappeler la couleur et la position. Les enfants anesthésiés ont obtenu des résultats inférieurs de 20 à 25 % par rapport au groupe témoin.

Lésions tissulaires ?

Mais l'anesthésie est-elle seule en cause, ou les lésions chirurgicales et la maladie sous-jacente jouent-elles un rôle ? Pour l'exclure, les chercheurs ont conduit une étude sur 33 rats sains exposés à une anesthésie complète en première semaine de vie. Certains ont subi des lésions tissulaires simulées. Dix mois plus tard, un test de mémoire basé sur la reconnaissance olfactive a révélé des performances moindres chez les rats anesthésiés, avec ou sans lésions, comparés aux témoins. L'effet semble donc attribuable à l'anesthésique.

Publié dans Neuropsychopharmacology, cet article souligne la taille réduite de l'échantillon et la nécessité d'études plus larges. Néanmoins, ces troubles mnésiques pourraient impacter les apprentissages scolaires et la mémoire autobiographique. Des recherches passées évoquent aussi des liens avec le TDAH, les troubles du langage et cognitifs. (lg)


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