Les enfants exposés aux antibiotiques dès leur plus jeune âge présentent un risque plus élevé d'obésité précoce.

Les bébés traités aux antibiotiques sont plus susceptibles de développer une obésité à la petite enfance.
L'obésité a des causes multiples au-delà d'une alimentation excessive ou d'un manque d'exercice. La flore intestinale joue un rôle clé, comme le démontrent des chercheurs du Children's Hospital de Philadelphie. Charles Bailey et son équipe ont suivi près de 65 000 enfants de la naissance à leurs 5 ans, entre 2001 et 2013. Ils ont établi un lien entre la prise d'antibiotiques avant 2 ans et le développement de l'obésité avant 5 ans.
Les bactéries intestinales influencent le métabolisme, la digestion des acides gras et des glucides, précisent les auteurs dans JAMA Pediatrics (2020). Les antibiotiques perturbent cette flore, modifiant potentiellement à long terme l'équilibre entre apports alimentaires et dépenses énergétiques.
Les antibiotiques à large spectre, qui ciblent plusieurs espèces bactériennes, augmentent particulièrement le risque : environ 10 % de plus que chez les enfants non traités. Pour ceux ayant reçu au moins quatre cures, ce risque grimpe à près de 20 %.
Il s'agit d'une étude d'association : antibiotiques et obésité coïncident souvent, mais la causalité nécessite confirmation par de futures recherches. Les données proviennent d'un réseau de soins primaires en Pennsylvanie, New Jersey et Delaware (États-Unis). 69 % des enfants ont reçu des antibiotiques avant 2 ans, et 41 % au moins une cure à large spectre.
Les experts recommandent de limiter les prescriptions aux infections prouvées sensibles et de privilégier les antibiotiques à spectre étroit, comme la pénicilline ou l'amoxicilline. Aux États-Unis, 8,4 % des enfants d'âge préscolaire sont obèses. (lg)