Les enfants génétiquement prédisposés à l'autisme pourraient bénéficier grandement de l'allaitement maternel exclusif.

Grâce au lait maternel, les bébés reçoivent de l'ocytocine, dite "hormone du câlin". Un apport accru de cette hormone pourrait-il prévenir l'autisme ? C'est ce que suggère une étude menée par Kathleen Krol à l'Institut Max Planck des sciences cognitives et des sciences du cerveau humain de Leipzig.
Kathleen Krol et son équipe ont analysé 98 bébés âgés de sept mois. Certains étaient exclusivement allaités, d'autres recevaient déjà le biberon. Les chercheurs ont également examiné les profils génétiques des enfants : certains portaient une variante du gène CD38, associée à un risque accru d'autisme et à des niveaux réduits d'ocytocine, selon des études précédentes.
Tous les bébés ont été exposés à des photos de visages exprimant la joie, la peur ou la colère. La reconnaissance des émotions est une compétence sociale clé, et nous nous focalisons souvent sur la région des yeux. Les bébés porteurs du variant génétique à risque ont profité d'un allaitement exclusif prolongé : ils ont montré une préférence accrue pour les visages joyeux et réduite pour les visages en colère, contrairement à ceux allaités plus brièvement.
"Nos résultats indiquent que l'allaitement peut favoriser les comportements prosociaux chez les bébés à risque génétique d'autisme", conclut Krol dans la revue PNAS (2020).
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