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Ebola en Europe : l'efficacité des mesures de protection face au virus

Les inquiétudes montent en Occident après les premiers cas d'Ebola signalés aux États-Unis et en Espagne. Les pays riches, dotés de systèmes de santé avancés, sont-ils vraiment préparés à une épidémie de ce virus hautement contagieux ?

Ebola en Europe : l efficacité des mesures de protection face au virus

La probabilité qu'un voyageur introduise Ebola en Europe reste très faible. En cas d'infection, les patients sont placés en isolement, une mesure efficace pour contenir la propagation, selon l'Institut national néerlandais pour la santé publique et l'environnement (RIVM). Pourtant, malgré la quarantaine et les soins modernes, deux cas secondaires ont été détectés récemment en Espagne et aux États-Unis.

À Madrid, une infirmière est devenue la première personne infectée hors d'Afrique de l'Ouest, probablement en raison d'une erreur lors des soins prodigués à un médecin espagnol rapatrié de Sierra Leone. Quatre contacts de son entourage ont été placés en quarantaine, et son chien euthanasié par précaution.

Aux États-Unis, une infirmière du Texas a été contaminée après avoir traité un patient libérien décédé cinq jours plus tard. Vendredi dernier, elle s'est présentée avec de la fièvre. 48 collègues ayant été en contact avec le patient sont surveillés.

Protocoles imparfaits

Face à ces incidents alarmants, la peur s'installe. Comment ces infections ont-elles pu survenir malgré les précautions ? Les cas révèlent des failles dans les protocoles : en Espagne, l'infirmière s'est touchée le visage en se changeant ; aux États-Unis, le patient libérien a d'abord été renvoyé chez lui malgré ses symptômes.

Le personnel soignant est le plus exposé. Le professeur Peter Piot, expert flamand en Ebola et conseiller scientifique de l'OMS, avertit : « La moindre erreur peut être fatale, comme lors du retrait de la combinaison protectrice saturée de sueur. »

Contrôles aéroportuaires

Les États-Unis scannent la température des passagers en provenance des zones touchées. Le Royaume-Uni a mis en place des mesures similaires, la France y réfléchit, tandis que la Belgique et les Pays-Bas attendent les recommandations de l'OMS. « Cela semble du bon sens », estime le virologue Marc Van Ranst (KU Leuven).

Risques pour la Belgique et les Pays-Bas

Des modélisations de l'université Northeastern (Boston), publiées dans PLoS Currents Outbreaks, indiquent un risque élevé pour la Belgique (40 % de probabilité d'importation), contre 10 % pour les Pays-Bas. La Belgique, via Brussels Airlines, maintient des vols directs depuis les pays affectés.

Cependant, aucun risque d'épidémie locale : les systèmes de santé occidentaux sont performants. Peter Piot et Peter Verlinden (spécialiste Afrique) confirment que les cas seront rapidement isolés.

Le vrai enjeu : l'Afrique de l'Ouest

En Occident, seuls quelques cas isolés contre 8 000 en Afrique de l'Ouest, où le taux de létalité dépasse 50 %. Les experts, comme ceux de Nature, appellent à ne pas se distraire du foyer épidémique : le nombre de cas y double tous les 3 semaines.

Pour enrayer la propagation, comme pour le sida dans les années 1980, il faut investir massivement en Afrique : hôpitaux, personnel médical. C'est la clé pour protéger le monde entier, insiste Thomas Frieden (CDC).


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