À l'UZ Leuven, des spécialistes ont réalisé une prouesse médicale en implantant une valve cardiaque chez un bébé d'un an à l'aide d'un cathéter. Les veines étant trop petites à cet âge pour transporter la valve jusqu'au cœur, l'équipe a opté pour une voie d'accès alternative : le foie.

Première intervention chirurgicale et défis immunitaires
Peu après sa naissance, le nourrisson avait bénéficié d'une valve cardiaque chirurgicale à cœur ouvert. Selon le cardiologue pédiatrique Marc Gewillig, professeur à l'UZ Leuven : « Cette valve s'est rapidement dégradée en raison de l'activité intense du système immunitaire des bébés. » Une seconde opération à cœur ouvert aurait été trop risquée. L'approche par cathétérisme s'est imposée.
Normalement, le cathéter accède au cœur via la veine de l'aine ou du cou. Chez les enfants de moins de 10 kg, ces veines sont trop étroites pour un cathéter de 7 à 8 mm de diamètre. L'équipe a donc utilisé le foie, une « éponge vasculaire » permettant des ouvertures relativement faciles.
Risques maîtrisés et expertise multidisciplinaire
Le professeur Gewillig précise : « L'ouverture hépatique doit être parfaitement refermée pour éviter des hémorragies mortelles. » Un chirurgien hépatique et un chirurgien cardiaque étaient en standby. La procédure s'est déroulée sans complication.
Autre défi : la taille de la valve. Un collègue l'a réduite sur mesure. Des simulations préalables ont validé l'adéquation aux proportions d'un enfant d'un an. Le bébé se porte bien et a regagné son domicile.