Le captage de CO2 dans les gaz d'échappement des centrales électriques est coûteux et énergivore. Véronique Van Speybroeck et Lennart Joos, de l'Université de Gand, ont conçu une version économique de cette technologie.

Une innovation pour réduire les coûts du captage de CO2
Les émissions de dioxyde de carbone doivent être drastiquement réduites. Le captage et le stockage du CO2 (Carbon Capture & Sequestration, CCS) joue un rôle clé. Cette technologie extrait le CO2 des fumées des centrales électriques pour le stocker sous terre. Elle repose sur une « éponge » de matériaux nanoporeux, dont les pores sont légèrement plus grands que les molécules de CO2. Ainsi, le dioxyde de carbone est piégé, tandis que l'azote (N2) passe librement.
Libérer le CO2 de l'éponge nécessite traditionnellement de la chauffer ou de l'appliquer une pression, une étape onéreuse qui peut consommer jusqu'à 30 % de l'énergie produite par une centrale au charbon. Véronique Van Speybroeck et Lennart Joos, du Center for Molecular Modeling de l'Université de Gand, en collaboration avec l'Université de Californie, proposent une solution innovante et moins coûteuse.
Dans leur méthode, l'éponge est immergée dans de l'eau qui déplace le CO2 adsorbé. L'eau est ensuite évacuée en contactant l'éponge avec les gaz d'échappement chauds de la centrale. Aucune énergie supplémentaire n'est requise pour le processus CCS. « Cela rapproche l'application à grande échelle du CCS », soulignent les chercheurs. (tn)
Le projet a été publié dans la revue spécialisée Energy & Environmental Science.
Lennart Joos lors d'une conférence TEDx sur le captage et le stockage de CO2