Les résultats d'un test en laboratoire ne se transposent pas directement à la vie réelle.
La vente de masques faciaux anti-pollution connaît une forte croissance. Bien établis dans les villes asiatiques très polluées, ces masques visent à filtrer l'air chargé de particules fines pour éviter leur inhalation(1). En 2020, cette tendance s'étend en Europe.
Les particules de diamètre inférieur à 2,5 micromètres, appelées PM2,5, pénètrent profondément dans les poumons. Elles ont un impact majeur sur la santé à long terme, augmentant les risques d'infarctus, d'AVC, d'arythmies cardiaques, de cancer du poumon, de troubles du développement chez l'enfant et de retards de croissance embryonnaire.
Selon une étude européenne, l'exposition aux PM2,5 réduit l'espérance de vie moyenne de 13 mois dans notre pays, jusqu'à 2 ans dans des villes comme Anvers. L'impact est moindre en zones rurales.
Les particules fines génèrent de l'appréhension, et un masque facial – avec ou sans filtre supplémentaire – procure un sentiment de protection. Certains fabricants revendiquent un filtrage de 94 à 99 % des poussières fines.
Comment interpréter ces affirmations ?
Les masques sont testés en laboratoire, où ils retiennent au moins 94 % des particules supérieures à 0,3 micromètre. Cependant, en conditions réelles, un ajustement parfait est impossible : des fuites d'air se produisent toujours entre le masque et le visage. L'air pollué emprunte préférentiellement ces voies de moindre résistance, réduisant drastiquement l'efficacité du filtre. De plus, les gaz nocifs comme le dioxyde de soufre et les oxydes d'azote traversent le filtre sans être retenus.
Une étude en conditions réelles à Pékin sur des patients cardiaques a montré des résultats mitigés : une amélioration subjective (moins d'anxiété), mais un effet santé minime.
Conclusion
Porter un masque anti-particules dans un air très pollué n'offre qu'une protection limitée. Les fuites inévitables laissent passer une grande quantité d'air pollué.
Références