Les animaux abritent de nombreux virus potentiellement transmissibles à l'homme. Comment identifier ceux qui représentent le plus grand danger pour nous ?

Des maladies virales comme le VIH, Ebola ou le SRAS sont apparues il y a seulement quelques décennies. Originaires d'autres mammifères, ces virus ont franchi la barrière des espèces avec des conséquences mortelles. Mais face à la multitude de virus chez les animaux, comment anticiper les risques ?
Des chercheurs de l'EcoHealth Alliance à New York publient dans Nature l'analyse la plus complète à ce jour. Ils ont exploité une base de données recensant près de 600 virus et 750 mammifères hôtes. Résultat : les chauves-souris, rongeurs et primates se distinguent comme les plus à risque, confirmant les recherches antérieures focalisées sur ces groupes.
Les scientifiques vont plus loin en identifiant les animaux et régions sous-explorés méritant une surveillance accrue, comme les chauves-souris du nord de l'Amérique du Sud ou les prédateurs d'Afrique de l'Est. Pour évaluer le danger d'un virus, sa présence chez plusieurs espèces de mammifères est un indicateur clé, tout comme sa capacité à se répliquer dans le cytoplasme des cellules humaines.
L'épidémiologiste James Lloyd-Smith, dans un commentaire, s'enthousiasme pour cette étude mais tempère : elle identifie les virus potentiellement infectieux pour l'homme, sans quantifier la probabilité d'épidémies. « Elle ne distingue pas le virus Lassa, qui infecte des dizaines de milliers de personnes par an, du virus Lujo, connu pour un seul cas », précise-t-il.
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