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Myocardite et COVID-19 : le virus représente un risque bien plus élevé que les vaccins

Le taux de mortalité des adultes développant une myocardite après une infection à la COVID-19 est supérieur à celui des myocardites non liées au virus. Les cas post-vaccinaux restent rares, majoritairement bénins et se résolvent rapidement.

Myocardite et COVID-19 : le virus représente un risque bien plus élevé que les vaccinsDès l'émergence de la COVID-19, le cœur s'est révélé une cible privilégiée du SARS-CoV-2, entraînant des troubles cardiovasculaires graves. Nombre de patients hospitalisés présentent des lésions cardiaques persistantes, même après guérison.

Les débats sur la sécurité des vaccins anti-COVID, notamment leurs effets sur le cœur, ne surprennent pas. L'arrêt cardiaque médiatisé de Christian Eriksen lors de l'Euro a alimenté des mythes sur les risques vaccinaux chez les athlètes.

La polémique porte souvent sur la myocardite post-vaccinale, surtout chez les jeunes. Que révèlent les données scientifiques ?

Qu'est-ce qu'une myocardite ?

La myocardite est une inflammation du muscle cardiaque, généralement virale (influenza, coxsackie, hépatite, herpès). Elle peut aussi résulter de bactéries, mycoses, toxines, chimiothérapie ou maladies auto-immunes.

Certaines infections causent des dommages directs au myocarde ; d'autres, indirects via une surproduction de cytokines par le système immunitaire, provoquant une "tempête cytokinique" destructrice.

Myocardite et COVID-19 : le virus représente un risque bien plus élevé que les vaccins

La myocardite en chiffres

Avant la pandémie, l'incidence était de 1 à 10 cas pour 100 000 personnes par an, touchant surtout les hommes de 18-30 ans, actifs et en bonne santé.

Selon le CDC, le risque post-COVID atteint 146 cas pour 100 000 infections, plus élevé chez les hommes >50 ans et enfants <16 ans. Exemple : le footballeur Alphonso Davies, 21 ans, a souffert d'une myocardite après infection.

Myocardite et COVID-19 : le virus représente un risque bien plus élevé que les vaccins

Myocardite post-vaccinale

Les cas après vaccination anti-COVID sont rares et inférieurs aux risques viraux. Une étude israélienne rapporte 2,13 cas pour 100 000 vaccinés, dans la norme pré-pandémie. D'autres études US/israéliennes confirment 0,3 à 5 cas/100 000.

Pic chez les hommes <30 ans, 3-4 jours après la 2e dose ARNm. Chez les adolescents (médiane 15,8 ans, 90,6% garçons), cas bénins. Données limitées sur les rappels.

La plupart des études montrent un bénéfice net de la vaccination ARNm contre la myocardite. Une étude d'Oxford (Martina Patone) est nuancée pour les <40 ans, mais globalement, vaccins non-Moderna (risque plus élevé que Pfizer) protègent efficacement.

Traitement des myocardites

Selon la gravité : repos et AINS pour les formes légères ; médicaments, assistance ventriculaire ou greffe pour les sévères.

Chez les <21 ans : AINS ou rien pour les légers ; IVIG, glucocorticoïdes, colchicine pour les graves.

Gravité et pronostic

>80% des myocardites non-COVID/vaccinales guérissent sans séquelle ; 5% mortelles sans greffe.

Post-COVID : pronostic pire, mortalité accrue, autres complications cardiaques défavorables.

Post-vaccinales : 95% légères chez adultes ; 98,6% bénignes chez enfants, fonction cardiaque normalisée, zéro décès.

Message clé

Face à l'évolution pandémique, fiez-vous aux experts. L'AHA, Sociétés de cardiologie (US/Canada), pédiatrie (US/Canada) recommandent la vaccination pour tous les éligibles.

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Glen Pyle, Professeur, Laboratoire de cardiologie moléculaire, University of Guelph ; Jennifer H. Huang, Professeure agrégée de cardiologie pédiatrique, Oregon Health & Science University

Republié de The Conversation sous licence Creative Commons.

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