Le riz produisant des protéines antivirales offre une alternative bien moins coûteuse que les cultures cellulaires en laboratoire.
Chaque année, plus de deux millions de personnes sont infectées par le VIH-1, virus généralement mortel responsable du SIDA. À ce jour, aucun vaccin n'existe, et même les personnes à risque élevé peinent souvent à convaincre leurs partenaires d'utiliser des préservatifs. Les crèmes préventives, appliquées sur le site de pénétration, restent imparfaites et onéreuses. De nombreuses recherches visent donc à les améliorer et à les rendre accessibles.
Dans la revue PNAS, une équipe internationale de scientifiques rapporte avoir modifié génétiquement un plant de riz pour produire trois protéines inhibitrices du VIH-1 dans ses grains. Ces protéines se lient à une protéine de surface de l'enveloppe virale, empêchant le virus d'accéder aux globules blancs des personnes infectées.
Aujourd'hui produites via des cultures cellulaires coûteuses en laboratoire, avec une purification complexe pour assurer leur sécurité, ces protéines pourraient bénéficier de la culture de riz – déjà répandue dans les pays en développement. Un simple extrait des grains suffit.
Des tests en laboratoire montrent que l'association de ces trois protéines dans l'extrait de riz est plus efficace contre le VIH-1 que chacune prise isolément. Elles agissent en synergie. Des approches similaires pourraient permettre de produire des protéines vaccinales contre d'autres maladies.