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Charlotte Scott : à la recherche d'un traitement alternatif à la greffe pour les maladies du foie

Des scientifiques du monde entier explorent des traitements pour les maladies du foie sans recourir à une greffe. Le besoin est criant, les troubles hépatiques étant très répandus.

Charlotte Scott, immunologiste reconnue

Charlotte Scott, née en 1987 au Royaume-Uni, a grandi en Irlande et complété ses études en Écosse. À l'Université de Glasgow, elle a collaboré avec Bart Lambrecht (VIB) et Martin Guilliams (UGent). Ces travaux l'ont menée à Gand pour un doctorat sous la direction de Guilliams. Cinq ans plus tard, elle dirige son propre laboratoire à Gand, financé par la prestigieuse Francqui Start-Up Grant.

Jusqu'à 30 % de la population occidentale souffre de stéatose hépatique non alcoolique.

En Occident, jusqu'à 30 % de la population est touchée par la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD), souvent liée à l'obésité plutôt qu'à l'alcool. La graisse s'accumule dans le foie, provoquant une inflammation immunitaire qui endommage l'organe. C'est l'une des principales causes de greffes de foie.

Une surdose de paracétamol (plus de 4 g/jour pendant plusieurs jours) peut aussi causer une insuffisance hépatique aiguë, ne traitable que par greffe. Ce médicament, présent dans Dafalgan ou Perdolan, est souvent en cause chez les personnes âgées combinant plusieurs traitements.

Immunologiste à l'Université de Glasgow et au VIB-Ghent, Charlotte Scott cherche des alternatives à la greffe en s'appuyant sur les mécanismes immunitaires du corps.

Focus sur les cellules immunitaires clés

Ses recherches portent sur les cellules dendritiques et les macrophages, sentinelles du système immunitaire qui détectent les menaces et orchestrent les réponses défensives. Ces cellules offrent un fort potentiel thérapeutique contre la NAFLD.

Scott a démontré l'importance d'un gène spécifique dans les tissus sains, aidant ces cellules à fonctionner. "Ce gène nous permet de moduler leur activité en cas de maladie", explique-t-elle.

Elle analyse actuellement les cellules hépatiques lors de l'inflammation via la technologie single-cell, qui cartographie l'expression génique cellulaire par cellulaire.

Des souris aux patients humains

Scott utilise des modèles murins et des échantillons cliniques. Pour la NAFLD, des souris reçoivent un régime occidental riche en graisses, cholestérol et sucre, reproduisant la maladie. Pour le surdosage au paracétamol, une dose unique de 300 mg/kg est administrée.

Les données animales sont comparées à celles de foies prélevés chez des patients obèses opérés à l'UZ Gent, donateurs volontaires.

"Je comprends mieux les cellules impliquées et leurs gènes actifs. Dans les modèles murins, nous inactivons ces gènes pour observer l'évolution de la maladie", dit Scott. "Un type cellulaire clé, via des gènes spécifiques, accélère la pathologie. En les neutralisant, nous pourrions réduire drastiquement le recours aux greffes."

Installation à Gand et apprentissage du néerlandais

Venue d'Irlande à Gand pour ses recherches, Charlotte Scott suit des cours de néerlandais et se présente désormais dans cette langue.

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