S'entraîner pour un premier marathon rajeunit les artères de quatre ans, particulièrement chez les hommes âgés et plus lents.
Des chercheurs de l'American College of Cardiology ont étudié 138 participants inscrits au marathon de Londres, tous novices en courses de longue distance. Âgés en moyenne de 37 ans, en bonne santé, sans antécédents cardiaques et pratiquant moins de deux heures de marche par semaine avant leur entraînement, ils ont été suivis rigoureusement.
L'objectif était d'évaluer si l'entraînement réduisait la raideur artérielle, un phénomène normal du vieillissement qui accroît le risque cardiovasculaire. Elle élève la pression différentielle (entre systole et diastole), surcharge le cœur et favorise démence, maladies cardiaques et rénales.
Les mesures initiales ont été prises six mois avant le marathon, au début d'un programme de 17 semaines (trois séances de course par semaine). Tension artérielle et rigidité artérielle ont été évaluées par IRM. Un second examen a suivi dans les trois semaines post-marathon (minimum une semaine après), pour éviter les biais des effets aigus de l'effort.
Les résultats sont éloquents : la pression systolique a chuté de 4 mmHg, la diastolique de 3 mmHg. La distensibilité de l'aorte distale a augmenté de 9 %, équivalent à un rajeunissement artériel de quatre ans. Les hommes plus âgés et les coureurs les plus lents ont enregistré les gains les plus spectaculaires.
Cette étude démontre qu'un entraînement de six mois peut inverser le vieillissement artériel chez des sujets sains. Les patients hypertendus ou à artères raides pourraient en bénéficier davantage avec un exercice régulier.