Le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH), Gardasil 9, fait partie du programme de vaccination du gouvernement flamand. Certains affirment qu'il provoque des crises cardiaques, des AVC ou même la mort. Est-ce fondé ?
Cette vérification des faits a été réalisée par des étudiants en journalisme de la KU Leuven en collaboration avec les rédacteurs d'Eos et publiée sur factcheck.vlaanderen.
Le VPH compte plus de 100 types. La plupart disparaissent spontanément ou causent des affections mineures comme des verrues. Certains types à haut risque peuvent mener au cancer du col de l'utérus à long terme. Transmis sexuellement, il touche environ 80 % des femmes au cours de leur vie. C'est pourquoi le gouvernement flamand recommande une vaccination précoce.
Gardasil 9 est gratuit pour les 11-12 ans et optimal avant tout contact avec le virus, idéalement avant l'activité sexuelle.
Un groupe vocal d'antivaxeurs dénonce les vaccins VPH comme dangereux, invoquant paralysie, crises cardiaques, AVC, épilepsie ou décès. Ils estiment les frottis et examens gynécologiques suffisants.
Les critiques s'appuient sur des sources peu fiables.
Les opposants citent des entités comme Judicial Watch ou le National Vaccine Information Center (NVIC), connues pour diffuser des allégations infondées malgré une apparence crédible.
Les effets secondaires immédiats incluent douleurs locales (80 % des cas), démangeaisons ou rougeurs, selon Allesoverkanker.be. Une méta-analyse (2017) et une synthèse (2014) confirment ces symptômes légers et transitoires.
Le RIVM signale aussi nausées, fatigue ou fièvre, toujours bénins.
Pour les effets graves à long terme, des études (2011, 2013) sur des cohortes vaccinées depuis dix ans ne montrent aucune différence de risque par rapport aux non-vaccinés.
Aucune preuve scientifique ne lie les vaccins VPH à des maladies auto-immunes ou à l'autisme.
Le Pr Willy Poppe, gynécologue VPH à l'UZ Leuven, estime à 1/100 000 le risque de maladie grave comme le syndrome de Guillain-Barré, qui peut survenir après divers vaccins ou pour d'autres causes.
Syndrome douloureux régional complexe (SDRC) ou tachycardie orthostatique posturale (POTS) sont parfois attribués au vaccin, mais l'Agence européenne des médicaments n'y voit aucune causalité.
Laatjevaccineren.be confirme l'absence de preuves pour autisme ou maladies auto-immunes. L'étude frauduleuse de Wakefield (rétractée) en est la source originelle ; méta-analyse (2018) et synthèse (2014) l'excluent.
La notice Gardasil 9 (sur plus de 1 000 grossesses) et une méta-analyse (2011) ne montrent ni malformations ni toxicité. Le RIVM confirme l'absence de substances affectant la reproduction.
Études (2013, 2018) écartent un lien avec le syndrome de fatigue chronique (SFC) pour Cervarix ; une analyse (2016) ne le prouve ni ne l'exclut formellement.
Les antivaxeurs pointent l'aluminium et le polysorbate 80. Des vérifications antérieures montrent que les doses d'aluminium sont négligeables. Le polysorbate 80 est même utilisé dans des chimiothérapies anticancéreuses comme Etomedac.
Aucun décès lié au vaccin VPH n'est documenté (RIVM, étude 2015 ; Pr Poppe).
L'affirmation que le vaccin VPH est nocif est infondée. Aucune causalité n'est établie avec des maladies graves sur dix ans de suivi. Les bénéfices (prévention du cancer) l'emportent largement sur les risques non prouvés.
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