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Vaccin contre le VPH : désormais proposé aux garçons en première année secondaire

Le vaccin protégeant les filles contre le cancer du col de l'utérus s'avère également bénéfique pour les garçons.

Dès cette année scolaire, les garçons de première année de l'enseignement secondaire, dans les deux communautés, se verront proposer le vaccin contre le VPH par le médecin scolaire.

L'infection par le virus du papillome humain (VPH), l'une des maladies sexuellement transmissibles les plus fréquentes, se contracte souvent dès le premier contact sexuel. Trois personnes sur quatre en sont infectées, principalement entre 20 et 25 ans. La plupart des infections à VPH sont asymptomatiques et se résolvent spontanément, mais certains souches persistent et peuvent causer des cancers (notamment du col de l'utérus) ou des verrues génitales.

Depuis 2010, la Flandre organise des programmes de vaccination anti-VPH pour les filles de 12 à 14 ans dans les écoles secondaires, visant à prévenir le cancer du col de l'utérus. Ce vaccin est administré en deux doses, avec un taux de couverture de 91 % en Flandre. Outre le cancer du col de l'utérus, le VPH est responsable d'autres cancers (anus, pénis, gorge), touchant aussi les garçons. C'est pourquoi la vaccination est étendue aux garçons en Belgique et ailleurs.

Le Conseil supérieur de la Santé (CSS) a émis un avis favorable en 2017. Une étude du Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE), publiée début 2023, confirme la rentabilité de la vaccination des garçons âgés de 9 à 14 ans.

Que retenir de cette extension du programme ?

La vaccination anti-VPH est particulièrement efficace chez les filles en raison de la prévalence du cancer du col de l'utérus. Cependant, le VPH provoque aussi des tumeurs malignes ailleurs (lèvres, vagin, pénis, anus, pharynx). Un quart des cancers liés au VPH touche les hommes, surtout le cancer de la gorge, suivis des cancers anal et pénien. Le cancer anal est plus fréquent chez les hommes ayant des relations avec des hommes, et les infections plus courantes chez les hommes gays/bisexuels, receveurs de greffes ou personnes vivant avec le VIH.

Le vaccin est tout aussi immunogène et sûr chez les garçons que chez les filles. Les effets secondaires sont généralement légers (douleurs ou rougeurs au site d'injection, maux de tête passagères) et disparaissent spontanément.

Le délai pour inclure les garçons était lié à l'analyse coûts-bénéfices : les cancers concernés sont moins fréquents que celui du col de l'utérus, mais la balance penche désormais en faveur de la vaccination généralisée, désormais remboursée. Certains y voyaient une discrimination ; cette mesure non sexiste protège aussi les garçons voyageant dans des zones à faible vaccination féminine. Les garçons recevront le même vaccin que les filles.

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