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L'histoire fascinante des vaccins : de l'Antiquité à Pasteur

Dans la quête des origines du vaccin, notre voyage nous emmène de l'Athènes antique à la Chine médiévale, en passant par l'Empire ottoman, jusqu'à un médecin anglais, une laitière et le laboratoire d'un microbiologiste français.

Impossible d'y échapper aujourd'hui : la course au vaccin contre le coronavirus en 2020. Le géant pharmaceutique américain Johnson & Johnson a récemment annoncé un candidat vaccin prometteur, disponible début 2021. Un vaccin prépare en réalité le système immunitaire pour mieux combattre certains pathogènes sans rendre malade, lors d'une infection réelle. Grâce à leur succès, les vaccinations sont devenues routine pour beaucoup : vaccins pour voyages exotiques ou annuels contre la grippe. Tout le monde (sauf les antivax) sait qu'ils sauvent des vies. Mais connaissez-vous l'histoire du vaccin ?

La peste d'Athènes

Dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse, l'historien grec Thucydide décrit la peste d'Athènes en 430 av. J.-C. Ce rapport, l'un des premiers travaux scientifiques, documente l'immunité acquise. Lors de cette épidémie dévastatrice, les quartiers surpeuplés étaient les plus touchés, les médecins les plus exposés, et la maladie se propageait au-delà d'Athènes via les soldats.

L'observation clé : les survivants (Thucydide inclus) ne rechutaient plus gravement et soignaient les malades.

À l'époque romaine, influencée par Hippocrate, on croyait aux miasmes (airs pollués par matières en décomposition). Le paludisme vient du latin mala aria (mauvais air). Thucydide révolutionna cela : sans connaître bactéries ou virus, il saisit la contagion humaine et la protection post-survie, posant les bases de l'épidémiologie et de l'immunologie modernes.

La découverte de la variolation

La variole, virus grave se propageant par gouttelettes, causait fièvre, éruptions et cicatrices. Les Chinois, dès le XVe siècle, notèrent l'immunité des survivants. Ils inoculaient des croûtes séchées via le nez ou incisions pour une forme bénigne conférant protection.

L histoire fascinante des vaccins : de l Antiquité à Pasteur

Cette variolation se répandit au Moyen-Orient et atteignit la Grande-Bretagne au XVIIIe siècle via Lady Mary Wortley Montagu, épouse de l'ambassadeur à Constantinople. Elle fit varioler son fils en 1718 par Charles Maitland.

De retour, elle variola sa fille en 1721 devant témoins, attirant l'intérêt de la princesse Caroline de Galles. Face à une épidémie, ils testèrent en prison de Newgate : six condamnés à mort survécurent et gagnèrent la liberté. Une femme exposée à un enfant variolique resta saine : preuve officielle.

Malgré cela, la variolation restait dangereuse (3 % de mortalité vs 30 % sans), avec préparation pénible et quarantaine.

De la variolation à la vaccination

En 1768, John Fewster nota que des patients résistants à la variolation avaient eu la variole bovine (cowpox), maladie bénigne des vaches transmise aux trayeurs, protégeant aussi de la variole vraie – folklore rural ignoré des médecins.

L histoire fascinante des vaccins : de l Antiquité à Pasteur

Edward Jenner, ami de Fewster, systématisa cela (bien que Benjamin Jesty l'ait pratiqué en privé). Jenner, survivant d'une variolation traumatique, utilisa en 1796 le pus de Sarah Nelms (laitière avec cowpox) sur James Phipps, 8 ans. Le garçon guérit vite et résista à la variole vraie.

L histoire fascinante des vaccins : de l Antiquité à Pasteur

Jenner nomma cela vaccination (de vacca, vache). Auto-publié en 1798 malgré scepticisme, son œuvre sauva des millions ; la variole fut éradiquée en 1980 par l'OMS.

Les expériences de Louis Pasteur

Fin XIXe, la théorie des germes supplante les miasmes. En 1879, Louis Pasteur observe : poulets vaccinés avec culture affaiblie de Pasteurella multocida (choléra aviaire) survivent à une dose fraîche.

Inspiré de Jenner, il développe vaccins atténués. Jean Toussaint et Émile Roux testent bactéries mortes (charbon) ; Pasteur adapte malgré rivalités.

L histoire fascinante des vaccins : de l Antiquité à Pasteur

En 1881, à Pouilly-le-Fort, ses moutons vaccinés survivent au charbon, contrairement aux non-vaccinés : triomphe public.

Notes secrètes révèlent usage de vaccin mort (Chamberland/Toussaint). Pasteur atténue rage via moelles de lapins séchées ; sauve Joseph Meister en 1885.

Pasteur (et Toussaint) manipula pathogènes en labo, unlike Jenner naturel.

L'avenir des vaccins

L'histoire des vaccins est riche ; leur avenir prometteur. Ils éradiquent maladies ; besoins persistent (VIH...). Système immunitaire complexe freine, mais potentiel infini : allergies, addictions ? Temps excitants !

Sources :
Thucydide et la peste d'Athènes (Holladay AJ, Poole JCF, The Classical Quarterly, 1979)
Une brève histoire des maladies : fléaux, varioles et civilisations (Sean Martin, 2015)
Edward Jenner et l'histoire de la variole et de la vaccination (Riedel S, Proc Bayl Univ Med Cent, 2005)
Vaccins pour les vétérinaires (Ian R. Tizard, 2020)
La drogue : effet et développement des drogues (Walter Van den Broeck, 2005)
Recherché, un vaccin contre le charbon : mort ou vif ? (Kendall A. Smith, Med Immunol, 2005)
Louis Pasteur, le père de l'immunologie ? (Kendall A. Smith, Front Immunol, 2012)
Edward Jenner et le vaccin contre la variole (Kendall A. Smith, Front Immunol, 2011)
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