Alors que l'Espagne, grand voisin du Portugal, a été durement touchée par le coronavirus, ce dernier pays semble relativement épargné. De même, l'ex-RDA affiche moins d'infections et de décès que le reste de l'Allemagne. Un vaccin existant contre la tuberculose, le BCG, pourrait offrir une protection partielle.
Le vaccin BCG, développé dans les années 1920 et l'un des plus administrés au monde, stimule non seulement l'immunité adaptative (spécifique et à mémoire), mais aussi l'immunité innée, la maintenant en état d'alerte accrue. Des études montrent qu'il protège contre d'autres infections bactériennes et virales, comme la fièvre jaune, surtout chez les enfants et jeunes adultes dans les premières années post-vaccination.
De nombreux scientifiques s'interrogent : le BCG protège-t-il contre le SARS-CoV-2 ? Cela pourrait expliquer les écarts entre pays similaires, comme entre l'ex-Allemagne de l'Est et l'Ouest, ou entre le Portugal et l'Espagne.

Outre d'autres facteurs (voyages internationaux limités, taille des villes, etc.), le Portugal maintient une vaccination BCG obligatoire chez les nouveau-nés depuis les années 1960, contrairement à l'Espagne qui l'a arrêtée au début des années 1980. L'ex-RDA a lancé une campagne massive dans les années 1950, alors que l'Ouest l'a fait plus tard. Des pays comme la Belgique, l'Italie, les Pays-Bas ou les États-Unis n'ont jamais eu de vaccination généralisée (seulement pour les groupes à risque).
Une étude américaine non publiée (fin mars 2020) compare 20 pays avec programmes obligatoires : l'Italie est durement touchée, le Japon (obligatoire depuis 1947) beaucoup moins (environ 500 décès à l'époque). L'Iran, touché, vaccine depuis 1984 seulement.
Les comparaisons internationales sont complexes en raison de différences de reporting et de tests. Les pays à faible revenu pourraient sous-déclarer. Pourtant, les courbes épidémiques dans les pays à vaccination BCG obligatoire montent moins vite et s'aplatissent plus tôt, selon une prépublication ajustant pour les timings et mesures restrictives.
Aux États-Unis, un modèle estime que des décennies de vaccination BCG auraient divisé par cinq les décès fin mars 2020. Les pays ayant arrêté récemment, comme la France (2007), ne bénéficient pas pleinement de cette protection potentielle via une immunité collective.
Le BCG protège-t-il vraiment contre le COVID-19 ? Des essais randomisés en cours (Pays-Bas, France, États-Unis) chez le personnel soignant devraient trancher, en mesurant l'incidence du virus post-vaccination.