Le méconium, cette première selle épaisse et vert foncé des nouveau-nés, pourrait révéler des informations essentielles sur leur santé future, notamment le risque d'allergies.
Des chercheurs ont démontré que sa composition est liée au développement d'allergies durant la première année de vie. Les bébés ayant développé des allergies présentaient un méconium moins riche à la naissance, selon une étude publiée dans Cell Reports Medicine (2020). Ce "méconium" regroupe des substances ingérées in utero : cellules cutanées, liquide amniotique et métabolites. Il agit comme une capsule temporelle, témoignant des expositions prénatales de l'enfant.
Grâce à un algorithme d'apprentissage automatique, les scientifiques ont analysé la composition du méconium, son microbiote et les données cliniques pour prédire les risques allergiques. Les résultats soulignent un lien entre métabolites et maturation du système immunitaire. Cette approche pourrait identifier les bébés nécessitant des interventions précoces, comme des probiotiques pour optimiser la flore intestinale.
Willem de Vos, professeur de microbiomique humaine (Université d'Helsinki) : « Cette excellente étude apporte de nouvelles données sur le métabolisme bactérien précoce. Les métabolites du méconium influencent le système immunitaire ; il serait utile de confirmer ces findings ailleurs. Notez l'usage élevé d'antibiotiques chez 39 des 88 mères, potentiellement impactant les résultats. »
Professeur de microbiologie Jan Knol (Université de Wageningen) : « Des études antérieures lient la flore bactérienne précoce aux allergies. La mère est une source clé de ces bactéries. Les métabolites pourraient provenir du sang maternel. Validation indépendante nécessaire, mais résultats intrigants. »
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