Le vaccin développé par l'entreprise allemande CureVac n'offre qu'une protection de 47 % contre le Covid-19. Pourtant, il repose sur la même technologie à ARN messager que les vaccins de Pfizer et Moderna. Comment l'expliquer ?
Le 16 juin 2021, le virologue Johan Neyts a partagé cette information sur Twitter :
Recul pour CureVac ; le vaccin n'offre que 47% de protection (analyse intermédiaire) et n'est donc pas suffisant. Comme c'est inattendu. La technologie est similaire à Pfizer/Moderna. Je ne peux pas imaginer ce que ce serait si Pfizer/Moderna/AZ/J&J avaient également échoué. https://t.co/cPbsEQz8tt
– Johan Neyts (@neyts_johan) 16 juin 2021
Que faut-il en retenir ? « Pour l'instant, le vaccin CureVac n'est pas encore commercialisé », précise le professeur Pierre Van Damme de l'université d'Anvers. « En Belgique, seulement 2 000 à 3 000 personnes ont été vaccinées dans le cadre d'une étude de phase 3. Cette analyse intermédiaire révèle maintenant son insuffisance. »
Cette étude de phase 3 a été menée au Centre de Vaccinologie de l'UZ Gand, sous la supervision de la professeure Isabel Leroux-Roels. « Nous avons été impliqués dans l'évaluation de ce vaccin, de la phase 1/2 lancée en juin 2020 à la phase 3 (HERALD), dont les résultats sont désormais publiés », explique-t-elle. « Nous avons inclus 620 participants dans l'étude HERALD. »
Les raisons de cet échec relatif restent à élucider. « Des analyses complémentaires sont en cours pour comprendre ces résultats décevants », note la professeure Leroux-Roels. « Ils s'expliquent en partie par la circulation des variants et par une réponse immunitaire potentiellement plus faible que celle induite par Pfizer et Moderna. »
Sur la base de ces données, l'Agence européenne des médicaments (EMA) n'approuvera pas le vaccin CureVac pour l'instant. Il ne sera donc pas utilisé contre le Covid-19.
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