Les antipsychotiques augmentent le risque de maladies cardiovasculaires et ne résolvent pas les troubles du comportement.

Dans les institutions néerlandaises, un tiers des personnes avec handicap intellectuel reçoit des antipsychotiques, non pour une psychose comme la schizophrénie ou le trouble bipolaire, mais pour gérer des troubles du comportement. Seuls 22 % en ont un usage justifié ; pour les autres, ils sont inutiles, selon une étude menée par Gerda de Kuijper, chercheuse au University Medical Center Groningen (UMCG).
En réalité, ces médicaments causent plus de tort que de bien. Gerda de Kuijper a accompagné un groupe de personnes avec handicap intellectuel dans un sevrage complet sur 3 à 4 mois. Leurs troubles du comportement n'ont pas empiré, tandis qu'ils ont perdu du poids, réduit leur tour de taille et abaissé leur tension artérielle. Les antipsychotiques favorisent le syndrome métabolique – excès de graisse abdominale, glycémie élevée et hypertension – accroissant le risque cardiovasculaire. Ils peuvent aussi entraîner des troubles sexuels et une perte de densité osseuse.
Gerda de Kuijper met en garde contre les effets secondaires neurologiques qui peuvent entretenir les comportements problématiques plutôt que les atténuer. Elle recommande leur usage strictement limité aux psychoses, et préconise un arrêt ou une réduction chez les personnes avec handicap intellectuel. Plutôt que la médication, former les soignants à la gestion non pharmacologique des troubles du comportement serait plus efficace. (lg)
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