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Jeunes immigrés en Flandre : plus défavorisés à l'école et sur le marché du travail en raison de discriminations

Les jeunes issus de l'immigration sont plus défavorisés à l'école et rencontrent plus de difficultés pour décrocher un premier emploi que les Flamands de souche. Ce phénomène s'explique non seulement par leur milieu socio-économique, mais aussi par la discrimination.

Jeunes immigrés en Flandre : plus défavorisés à l école et sur le marché du travail en raison de discriminations

Discrimination scolaire persistante

Les jeunes immigrés sont plus souvent obligés de redoubler, décrochent plus fréquemment sans diplôme et sont surreprésentés dans les statistiques du chômage. Stijn Baert, chercheur à l'UGent, a analysé ces écarts à partir d'un échantillon de 9 000 jeunes interrogés trois fois dans la vingtaine. Ces immigrés, nés en Belgique ou arrivés bébés, sont principalement d'origine marocaine, turque ou italienne.

L'origine sociale faible des familles immigrées explique en grande partie les risques de décrochage et le faible accès à l'enseignement supérieur. Alors que 94 % des jeunes Flamands de souche obtiennent un diplôme secondaire, ce taux n'atteint que 76 % chez les minorités ethniques. 80 % des Flamands entament des études supérieures, contre à peine 55 % pour les immigrés.

Cependant, en tenant compte du retard scolaire, les écarts ethniques persistent. Même les jeunes immigrés de milieux favorisés (parlant néerlandais à la maison, parents éduqués et actifs) redoublent plus souvent que leurs homologues flamands. La 4e année secondaire est critique : deux tiers des diplômés immigrés ont plus de 18 ans, contre un tiers des Flamands.

Recommandations pour l'école

Pour réduire ces disparités, Baert déconseille de cibler uniquement les familles défavorisées ou l'usage du néerlandais à la maison, qui joue un rôle mineur. Il pointe la discrimination scolaire, mais évoque aussi d'autres facteurs : puberté difficile, maîtrise imparfaite du néerlandais, attentes culturelles différentes et type d'établissement (écoles de concentration, "blanches" ou mixtes).

Discrimination accrue sur le marché du travail

Après l'école, les obstacles persistent. À CV égal, un bachelier flamand comme "Wannes" a 30 % de chances supplémentaires d'emploi après trois mois par rapport à "Mohammed", y compris pour un CDI après deux ans.

L'origine sociale pèse peu ici. Des expériences avec CV fictifs montrent que les jeunes Turcs doivent envoyer 3,6 fois plus de candidatures pour un entretien dans les métiers non qualifiés sans pénurie. Le néerlandais domestique aide, et la discrimination disparaît dans les métiers en tension.

Baert plaide pour des contrôles renforcés contre la discrimination au travail, avec amendes sévères, et des quotas d'embauche.

Ces travaux, publiés dans Economics of Education Review en 2020, font l'objet de sa thèse actuelle. (lg)

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