L'ocytocine, administrée par spray nasal, renforce la compréhension des signaux non verbaux chez les personnes autistes.

Les personnes autistes rencontrent souvent des difficultés en communication sociale, notamment pour saisir l'humour ou l'ironie. Elles interprètent les mots littéralement, sans percevoir les indices faciaux ou le ton de la voix qui trahissent une plaisanterie.
L'ocytocine, hormone clé dans les interactions sociales, pourrait offrir une solution. Le neuropsychiatre Hidenori Yamasue et son équipe de l'Université de Tokyo ont conduit une étude sur 40 hommes autistes. La moitié a reçu un spray nasal d'ocytocine, l'autre un placebo. Tous ont ensuite réalisé des tâches impliquant des décisions basées sur des indices verbaux et non verbaux contradictoires, comme dans les cas d'ironie. Les groupes ont ensuite inversé les traitements et répété les tests.
Après l'administration d'ocytocine, les participants ont accompli les tâches plus rapidement, en se fiant davantage aux indices non verbaux. L'IRMf a révélé une augmentation de l'activité dans le cortex cingulaire antérieur et le cortex préfrontal médiodorsal, avec une connectivité renforcée entre ces régions. Des études précédentes montraient déjà une activité réduite dans le cortex préfrontal médiodorsal chez les autistes, que l'ocytocine semble stimuler.
"Notre étude apporte la première preuve neurobiologique de l'effet de l'ocytocine sur les symptômes autistiques", indiquent les chercheurs dans JAMA Psychiatry (2020). Des experts indépendants confirment qu'il s'agit de la première étude rigoureuse démontrant l'aide de l'ocytocine pour décoder les signaux verbaux et non verbaux contradictoires. (lg)
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