FRFAM.COM >> Science >> Santé

Une année scolaire supplémentaire réduit l'obésité chez les personnes génétiquement prédisposées

La scolarité obligatoire prolongée d'une année diminue le poids corporel des jeunes présentant une prédisposition génétique à l'obésité.

En 1962, le Royaume-Uni réforme son système éducatif en portant l'âge de la scolarité obligatoire de 15 à 16 ans. Des chercheurs américains, notamment de l'University of Southern California, ont étudié l'impact de cette mesure sur la santé des individus vulnérables génétiquement à l'obésité.

Pour cette analyse, ils ont exploité les données de la UK Biobank, une vaste étude longitudinale recueillant des informations génétiques et sanitaires sur des centaines de milliers de Britanniques. L'étude porte sur 250 000 participants nés entre 1944 et 1966 : certains ont quitté l'école à 15 ans, d'autres à 16 ans. Les scientifiques ont évalué leur prédisposition génétique à l'obésité, à un IMC élevé, à l'hypertension et à une fonction pulmonaire réduite.

« Les participants les plus vulnérables étaient en meilleure santé s'ils devaient fréquenter l'école jusqu'à 16 ans plutôt qu'à 15 ans. »

Après la réforme, les écarts de santé entre personnes prédisposées et non prédisposées à l'obésité se sont atténués. Chez ceux restés à l'école jusqu'à 16 ans, les différences de poids, de fonction pulmonaire et de tension artérielle étaient moindres par rapport à ceux sortis à 15 ans. Les plus fragiles génétiquement ont particulièrement bénéficié de cette prolongation.

Ces résultats démontrent que les politiques publiques, comme l'allongement de la scolarité, peuvent moduler les inégalités génétiques en matière d'obésité. Ils remettent en question le déterminisme génétique strict, soulignant l'influence de l'environnement sur la santé.

Les chercheurs prévoient de tester ces effets dans d'autres contextes, avec des âges ou pays différents.

Les résultats sont publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

[]