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Réseaux sociaux : source de malheur ou de sagesse ? Impact nuancé sur la santé mentale des jeunes

« Les médias sociaux ont une mauvaise influence sur notre santé mentale », concluait l'an dernier une étude de la Royal Society for Public Health (RSPH). Une affirmation alarmante, mais mérite-t-elle une nuance ?

Cette enquête, menée auprès de 1 470 jeunes Britanniques âgés de 14 à 24 ans, révèle que le partage de photos sur Instagram exerce la pire influence. Cette plateforme affecte négativement l'image corporelle, la qualité du sommeil et favorise la peur de rater quelque chose (FOMO).

Nous mesurons notre propre « bonheur » en le comparant à celui des autres.

« Alors que ces plateformes visent à connecter les jeunes, elles aggravent les problèmes de santé mentale chez certains », déclarait Shirley Cramer de la RSPH dans The Telegraph. « Instagram et Snapchat, axés sur les images, suscitent peur et sentiment d'inadéquation. »

Contenu authentique, idéal pour socialiser

Le psychologue des médias Mischa Coster confirme : visionner des photos idéalisées sur les réseaux sociaux diminue souvent le sentiment de bonheur. « Les gens comparent leur vie à celle des autres. Voir des vacances paradisiaques, des sushis ou des soirées festives mène vite à une comparaison défavorable. »

À l'inverse, YouTube obtient de bons scores, avec un effet positif sur l'expression de soi, le soutien émotionnel et la compréhension des autres. « Grâce aux vloggers et leur contenu authentique, non retouché », explique Coster. « Cela expose à la vraie vie : relations, interactions et gestion des émotions. Les vloggers élargissent l'horizon des adolescents. »

Jeunes moins bien endormis

D'autres recherches corroborent ces findings. Une étude de Statistics Netherlands (2015, 4 000 jeunes de 12 à 25 ans) montre un sommeil perturbé, une concentration réduite et des résultats scolaires en baisse. Près de 47 % rapportent un impact négatif des réseaux sociaux ; un quart des filles ne peuvent s'en passer.

Réseaux sociaux : source de malheur ou de sagesse ? Impact nuancé sur la santé mentale des jeunes

Coster nuance : « Le sommeil est affecté car ils se couchent plus tard. Le stress, sous forme de ruminations, pousse à checker les réseaux en boucle, impactant concentration et performances. »

Mêmes zones cérébrales que jeux et chocolat

Les jeunes admettent un impact négatif. La dépendance ? Pas scientifiquement prouvée, mais une étude UCLA montre une activation des centres du plaisir (comme pour les jeux ou le chocolat) lors de l'usage des réseaux.

Chez 32 adolescents (13-18 ans), un scanner a suivi l'activité faciale à 148 photos, incluant les leurs, avec likes manipulés. Lauren Sherman (UCLA) : « Un fort nombre de j'aime sur leurs photos active le noyau accumbens et le 'cerveau social'. »

Plus de j'aime, plus rapide à liker

Les ados likent plus une photo si elle en a déjà beaucoup. Sherman : « Influencés par la popularité perçue. »

Réseaux sociaux : source de malheur ou de sagesse ? Impact nuancé sur la santé mentale des jeunes

Coster tempère : « Universel, pas adolescent-spécifique. C'est une heuristique sociale pour décider vite. Chez les jeunes en quête d'identité, c'est amplifié, mais pas forcément une addiction. C'est un évolution sociale acceptée. »


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