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Comment survivre psychologiquement à la crise du Covid-19 : stratégies éprouvées

Perspectives limitées, contacts sociaux réduits et crise économique à l'horizon. Le Covid-19 impacte bien au-delà de la santé physique. Comment en préserver sa santé mentale ?

Au printemps 2020, la pandémie de Covid-19 s'est abattue comme une épée de Damoclès, confrontant chacun à sa vulnérabilité. Elle a révélé l'illusion d'une maîtrise totale de la nature et semé l'incertitude chez tous, puissants ou non. Des milliards de personnes confinées, dans le même bateau précaire et inédit.

Perdre pied face à l'incertitude

Pendant le confinement, beaucoup se sont sentis passifs face à la crise, rongés par une anxiété alimentée par les chiffres quotidiens de mortalité et les drames en Italie ou au Brésil.

La menace d'une récession, les rues désertes, les libertés restreintes ont généré une peur viscérale, poussant même les plus solides vers un besoin d'aide psychologique.

Le confinement pose une question pragmatique : la psychologie peut-elle aider dans des crises exceptionnelles dépassant nos ressources mentales habituelles ?

Une situation menaçante comme le Covid-19 perturbe sommeil, système immunitaire, relations et santé mentale.

Les expressions de détresse sont humaines et utiles : la peur alerte, la colère signale des besoins insatisfaits. Mais un stress chronique devient destructeur, altérant rythme veille-sommeil, immunité et santé mentale. Le sentiment de perte de contrôle est clé.

Le concept d'impuissance apprise, forgé par Martin Seligman en 1967 via des expériences animales, s'applique aux humains : face à des événements incontrôlables, résignation et dépression guettent.

D'autres effets incluent performances cognitives amoindries, sentiment d'infériorité, susceptibilité accrue aux maladies et seuil de douleur abaissé.

Faire face : adapter son mindset

Heureusement, des stratégies d'adaptation préviennent l'impuissance apprise. Faire face signifie s'adapter, résoudre problèmes et surmonter obstacles.

Depuis trente ans, la recherche psychologique explore ces stratégies, particulièrement pertinentes aujourd'hui.

Richard Lazarus et Susan Folkman (UC Berkeley, 1984) définissent l'adaptation comme « les efforts cognitifs et comportementaux pour gérer des exigences initialement insurmontables ». Trois types : axée sur le problème (réduire exigences ou booster ressources), sur l'émotion (tempérer réactions négatives) et sur le soutien social (chercher aide).

Une stratégie est efficace si elle gère le stress et protège le bien-être. Son choix dépend du stress perçu, du contrôle ressenti et des ressources disponibles.

Comment survivre psychologiquement à la crise du Covid-19 : stratégies éprouvées

Se concentrer sur les faits…

Face à l'impuissance initiale, l'adaptation centrée sur le problème – proactive – aide à reprendre le contrôle.

Certains ont étudié l'histoire des épidémies ou modélisé les risques pour mieux agir.

Les vidéos hilarantes et émouvantes du confinement illustrent l'adaptation émotionnelle.

Cette approche est idéale à long terme, mais challenging en crise : faits évolutifs sur masques ou immunité compliquent les actions.

Lire aussi : Covid-19 : beaucoup de peur, mais rarement autant ri. Pourquoi ?

Au début de la crise, les blagues Covid surpassaient la demande de papier toilette. « L'humour allège les poids et partage émotions », explique la sociologue Giselinde Kuipers (KU Leuven).

Vers l'article

… ou sur les émotions

L'adaptation émotionnelle convient aux situations incontrôlables et à court terme. Vidéos drôles ou touchantes sur les réseaux ont apporté joie et perspective.

La régulation émotionnelle est instinctive : discuter, cuisiner, travailler distraient des nouvelles anxiogènes. Consciemment : comédie, gratitude, questionner pensées négatives.

Le soutien social apaise toujours : exprimer ses craintes renforce liens et positivité.

Et pour les autres cas ?

La meilleure stratégie varie selon facteurs personnels : antécédents dépressifs, réseau social, optimisme. Une évaluation experte (téléphonique) guide.

Éviter les coping inadaptés : évitement, déni, pensée magique, distractions excessives. Ils soulagent temporairement mais aggravent à long terme.

Connaître la bonne stratégie exige effort et un ingrédient clé : l'auto-efficacité.

Clé du succès : l'auto-efficacité

Albert Bandura (1986) définit l'auto-efficacité comme la conviction de mobiliser motivation, cognition et actions pour maîtriser les événements.

Les enfants encouragés dans leurs succès développent une auto-efficacité pour affronter les épreuves futures.

Sans elle, tourments, coping inadaptés ou indifférence surgissent. Elle booste qualité de vie, santé et changements (ex. : post-chirurgie cardiaque).

Cultivée dès l'enfance…

L'auto-efficacité naît jeune : efforts récompensés, succès attribués à soi, renforcement familial, imitation de modèles.

Adulte, responsabilités réussies la renforcent.

Comment survivre psychologiquement à la crise du Covid-19 : stratégies éprouvées

En pandémie, initiatives solidaires (masques maison, aides aux voisins) boostent sentiment d'impact individuel et collectif.

Gestes simples suffisent : sport, détente, communication positive, aide mutuelle, nouveaux réseaux, rappel de victoires passées.

Le succès entre vos mains

Redéfinir contexte et compétences crée opportunités : redécouvrir talents (dessin, écoute) génère utilité et optimisme.

Initiatives confinées créent spirales positives, inspirant confiance en l'avenir et sentiment d'appartenance à un effort collectif.

La science éclaire : adaptation et auto-efficacité guident vers approches résilientes, évitant souffrance inutile.


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