Chez la plupart des vers plats, la tête ou la queue coupée repousse avec le temps. Comment y parviennent-ils ?

Chez la plupart des vers plats, la tête ou la queue amputée repousse au fil du temps. Cependant, cette capacité ne concerne pas toutes les espèces. Des scientifiques ont identifié l'interrupteur moléculaire qui active ou inhibe cette régénération remarquable.
Le philosophe des Lumières Voltaire s'intéressait aux escargots et à leur capacité à régénérer leur queue. Optimiste, il imaginait que l'humanité pourrait un jour faire de même, régénérant membres ou tête. Bien que cela n'ait pas eu lieu durant la Révolution française, cette idée fascine toujours.
Les Plathelminthes, famille regroupant plus de 20 000 espèces de vers plats, possèdent souvent une extraordinaire capacité de régénération. Beaucoup repoussent les parties amputées, et certains, coupés en morceaux, donnent naissance à une multitude de nouveaux individus.
Cependant, certaines espèces de vers plats manquent de cette aptitude et ne survivent pas à une amputation majeure, comme la plupart des animaux. Trois études indépendantes, publiées dans Nature sur des espèces non régénératives, expliquent ce phénomène. Chez ces vers, l'amputation déclenche une cicatrisation, mais pas la formation de blastèmes – ces amas cellulaires qui se différencient en organes nouveaux chez les espèces régénératives.
Des chercheurs américains et allemands ont pinpointé le chemin de signalisation Wnt comme interrupteur clé. En le modulant, ils ont réussi à activer la régénération : tête et queue repoussent même chez les espèces naturellement privées de cette capacité.
Cette découverte pourrait ouvrir des voies thérapeutiques pour les amputations humaines ou les maladies neurodégénératives comme Alzheimer et Parkinson, où des cellules cérébrales ne se régénèrent pas.