Dans L'humain émotionnel, le psychologue Ad Vingerhoets propose des arguments captivants pour mieux comprendre la grande diversité de notre monde émotionnel.

Que se passerait-il si nous perdions toutes nos émotions ? Plus de peur, de colère ou de dépression, mais plus jamais de joie, d'amour ou d'empathie. Selon Ad Vingerhoets, professeur de psychologie clinique à l'Université de Tilburg, nous nous effondrerions en tant qu'individus et en tant que société.
Dans son ouvrage The Emotional Man, l'auteur démontre que les émotions sont hautement fonctionnelles. Elles orientent nos comportements vers des réponses adaptées et transmettent des informations sociales vitales. L'idée répandue selon laquelle une personne émotive pense moins clairement ou résout les problèmes plus lentement est infondée, soutient-il. Nous avons tous besoin de nos émotions, et une meilleure compréhension de leur richesse nous bénéficie grandement.
Les émotions ne se produisent que dans des situations que nous considérons comme importantes, comme dans les éléments essentiels tels que le statut, la survie et la reproduction
La définition inaugurale du livre nuance cette idée : les émotions ne sont ni des sentiments, ni des préférences, attitudes ou humeurs. Elles surgissent uniquement dans des contextes jugés cruciaux, impliquant des enjeux comme le statut, la survie, la reproduction ou le choix des leaders.
L'auteur insiste tout au long de l'ouvrage sur ces distinctions précises. Sa revue systématique des origines, caractéristiques et utilités des émotions primaires peut sembler un peu académique. Heureusement, de nombreux faits surprenants dynamisent la lecture : par exemple, on peut atténuer le regret en influençant sa température corporelle, car le regret chauffe littéralement le corps. Ou encore, rire de bon cœur ne calme pas la colère.