La nicotine génère une accoutumance en hijackant les voies de récompense du cerveau. Pour développer des traitements efficaces contre la dépendance au tabac, les scientifiques doivent en comprendre les mécanismes précis. Des chercheurs de l'Université de Chicago, dirigés par le postdoctorant Huibert Mansvelder, ont percé une grande partie du mystère.
La plupart des drogues créent la dépendance en stimulant la production de dopamine, neurotransmetteur clé du plaisir. Mais la nicotine va plus loin : chez le rat, sa première exposition booste la dopamine tout en perturbant sa régulation cérébrale. Résultat : l'euphorie persiste jusqu'à 45 minutes après son élimination sanguine, gravant un souvenir irrésistible dans le centre de récompense.
Les novices ne deviennent pas dépendants après quelques bouffées. C'est l'exposition répétée qui déclenche les envies. Prochaine étape : analyser les effets chroniques sur la régulation dopaminergique pour identifier de nouvelles cibles thérapeutiques anti-dépendance.