Les défis sociaux ne sont pas en cause : c'est notre environnement naturel qui a nécessité un cerveau plus volumineux.

Le volume de notre cerveau a presque triplé au cours des 2 à 3 derniers millions d'années. Les scientifiques explorent cette énigme depuis des décennies. Selon une étude britannique publiée cette semaine dans Nature, ce ne sont pas les défis sociaux, mais les contraintes écologiques qui ont drivé cette expansion cérébrale.
Plusieurs théories expliquent la croissance du cerveau humain. L'une met l'accent sur les défis sociaux croissants, comme la nécessité de collaborer pour survivre ou de rivaliser avec d'autres espèces. Une autre lie cette évolution à la consommation de viande.
Cependant, il reste incertain si l'augmentation du volume cérébral a précédé ces changements alimentaires ou sociaux, ou l'inverse, rendant difficile l'établissement de causalité.
Des chercheurs de l'Université de St Andrews (Royaume-Uni) ont développé un modèle mathématique pour tester ces scénarios évolutifs. Ce modèle évalue la taille cérébrale en fonction de la consommation énergétique, plus élevée pour un cerveau plus grand.
Les résultats indiquent que 60 % du volume cérébral est déterminé par des facteurs écologiques : rareté des ressources alimentaires ou hydriques, conditions climatiques extrêmes. Les défis de la collaboration représentent 30 %, et la compétition sociale seulement 10 %. La complexité sociale contemporaine apparaît ainsi comme une conséquence, non une cause, de cette évolution.