Ce squelette exceptionnellement préservé joue un rôle clé dans l'étude de la migration des humains modernes hors d'Afrique.

En 1980, une équipe d'archéologues belges dirigée par le professeur Pierre Vermeersch (KU Leuven) a mis au jour un squelette d'homme préhistorique remarquablement conservé près de Nazlet Khater, en Égypte. Après plus de quarante ans, il retourne enfin en Égypte, comme l'indique le site ArcheoNet.
L'importance de cet "homme de Nazlet Khater" est inestimable, affirme le professeur Vermeersch, aujourd'hui à la retraite. Découvert lors du Projet préhistorique belge de Moyenne-Égypte de la KU Leuven en Haute-Égypte, ce squelette s'inscrit au cœur des débats sur la dispersion des humains anatomiquement modernes hors d'Afrique, il y a 70 000 à 80 000 ans.
Jusqu'alors, les plus anciens restes d'humains modernes n'avaient été trouvés qu'en Afrique australe et orientale. Celui de Nazlet Khater, daté de 35 000 à 40 000 ans, était non seulement le plus ancien hors de ces régions, mais aussi l'un des mieux préservés – seuls les os des jambes et des pieds manquent partiellement. Ce n'est qu'en 2003 qu'un spécimen comparable a été exhumé en Europe, dans la grotte de l'Ours en Roumanie.
À sa découverte, les chercheurs l'avaient d'abord attribué à la période prédynastique (5000-3000 av. J.-C.) en raison de son anatomie moderne. Cependant, l'inhumation en position allongée et la hache funéraire étaient atypiques. La découverte d'une mine de silex à proximité, datée par C14 à 40 000 ans, et contenant des haches similaires, a confirmé l'âge du squelette : 35 000 à 40 000 ans. Cela atteste d'une exploitation précoce du silex souterrain.
Les restes ont été transférés à Louvain pour analyse approfondie, conformément à la législation égyptienne de l'époque qui autorisait le partage des découvertes. Étudié par des experts internationaux, son importance scientifique s'est pleinement révélée.
Depuis quelques années, des négociations diplomatiques belgo-égyptiennes ont permis son rapatriement, le reconnaissant comme patrimoine culturel égyptien. Il sera exposé au nouveau Musée national de la civilisation égyptienne à Fustat, au Caire.
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