Une controverse scientifique anime les débats sur les origines de la guerre et son rôle dans les liens sociaux au sein des groupes humains.

L'origine de la guerre et le rôle du conflit dans l'établissement de liens sociaux entre membres d'un même groupe fait l'objet d'un débat scientifique passionné.
Les anthropologues soutiennent majoritairement que les chasseurs-cueilleurs, sans résidence permanente ni biens matériels, ne pratiquaient pas la guerre, faute de moyens et de motifs de conflit.
Cette vision est corroborée par les observations du XXe siècle : des rixes sporadiques ont eu lieu, mais sans combats organisés entre groupes, réservés aux sociétés agricoles et urbaines.
Cette perspective idyllique est remise en cause cette semaine par une étude publiée dans Nature. Un équipe internationale a analysé des restes humains vieux de 10 000 ans, découverts à l'ouest du lac Turkana, au Kenya : au moins 30 individus, dont 10 présentant des signes incontestables d'assassinat.
Rien n'indique un enterrement intentionnel : les corps ne sont pas alignés. Les chercheurs ont relevé des fractures aux mains, genoux et côtes, des pointes de flèches dans la région cervicale, et des traumatismes crâniens par objet contondant.
Ces violences suggèrent un meurtre de masse simultané, pointant vers des affrontements entre groupes. Les scientifiques restent prudents : les victimes étaient-elles vraiment des chasseurs-cueilleurs ?
À l'époque, la rive du lac Turkana était fertile et densément peuplée. Les habitants fabriquaient déjà de la poterie, signe d'une transition vers un mode de vie sédentaire, avec plus de biens... et de violence. (Source : étude Nature)
