Des scientifiques ont découvert par hasard 60 épaves anciennes au large des côtes bulgares en mer Noire, dont l'une remonte à 2 500 ans.

Cette trouvaille fortuite s'est produite lors d'une mission internationale visant à étudier l'impact du réchauffement climatique sur les fonds marins. Les épaves, comprenant des galères romaines, byzantines et ottomanes, sont remarquablement bien conservées.
Localisées à une profondeur de 1 800 mètres, ces navires ont résisté au temps grâce à l'environnement stérile de la mer Noire : pauvre en oxygène et en lumière au-delà de quelques centaines de mètres, il limite l'action des micro-organismes.
La majorité date du VIIe siècle, apogée de l'Empire byzantin. D'autres présentent des caractéristiques ottomanes post-1453, tandis que les plus anciennes, antérieures à notre ère, arborent des gravures et cordages de l'époque romaine primitive, identifiés par robots sous-marins et caméras.
Cette découverte souligne le potentiel archéologique immense de la mer Noire pour les matériaux organiques comme le bois et les cordages. Fréquentée depuis l'Antiquité par les Grecs, Romains et Byzantins pour le commerce de céréales de Crimée, elle reste peu explorée en raison de sa profondeur. « À Athènes classique, on consommait des céréales de Crimée. Ces routes ont perduré, boostées par Constantinople en 330 apr. J.-C. », explique Miko Flohr, antiquaire à l'université de Leiden.
Une découverte similaire de 40 épaves a eu lieu l'an dernier. « Les technologies actuelles offrent de grandes opportunités, mais les fouilles sous-marines restent coûteuses et les gouvernements protègent les sites contre les pilleurs », ajoute Flohr. L'avenir de ces trésors reste à définir.
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