Nettoyer le dépôt de munitions au large de Knokke n’est pas une option, selon le ministre de la Mer du Nord Johan Vande Lanotte : « trop risqué et trop cher ». Une erreur, affirme Bart Van der Speeten, PDG de la société de déminage gantoise Adede, dans le numéro de juin d’Eos.

Après les Première et Seconde Guerres mondiales, d’innombrables munitions inutilisées ont été immergées en mer, y compris au large des côtes belge et néerlandaise. Près de Knokke et dans l’Oosterschelde reposent deux des plus grands dépôts de munitions de la mer du Nord. Bien que vieilles, ces bombes et grenades restent dangereuses. Les grenades à gaz toxique, enfouies sous un mètre de boue, sont peu susceptibles de rouiller et de libérer leur contenu. Cependant, un navire échoué pourrait les percuter, provoquant une explosion soudaine. C’est pourquoi une interdiction de pêche et d’ancrage est en vigueur depuis des années au-dessus du Paardenmarkt, le dépôt au large de Knokke.
Des pêche illégales persistent toutefois. « Lors de nos recherches il y a dix ans, nous avons détecté des traces de chalutage sur les fonds marins », explique Tine Missiaen, géologue à l’université de Gand. Un pêcheur récupérant une grenade à gaz moutarde s’expose à de graves brûlures ou à une explosion. Le Paardenmarkt, proche des ports actifs, routes maritimes, pipelines et terminaux gaziers d’Europe occidentale, représente un risque majeur en cas de collision.
La politique actuelle prévoit des inspections régulières, mais la destination à long terme du dépôt reste indécise. Une option : surélever le banc de sable pour créer une île artificielle. « Cela ne résoudra pas les fuites de munitions ; des vérifications supplémentaires seront nécessaires », prévient Missiaen.
Pourquoi ne pas nettoyer ?
Sur Radio 1, Johan Vande Lanotte (SP.A) a écarté le nettoyage : « Les risques surgissent une fois les munitions sorties de l’eau, et le coût est prohibitif. » Bart Van der Speeten contredit : « La plupart des munitions ne sont pas armées, limitant les risques si l’opération est minutieuse. Le danger d’explosion ou de contamination chimique croît avec l’âge. »
Adede, active mondialement avec 25 employés, déploie des robots sous-marins autonomes équipés de détecteurs de métaux et capteurs intelligents pour scanner les fonds marins sans risque d’enlisement.
Van der Speeten intervient souvent pour des projets offshore, comme la détection proactive de munitions avant pose de câbles éoliens au large de l’Allemagne. Plongeur-démineur de l’armée belge, il fut le premier depuis la Seconde Guerre mondiale à neutraliser un champ de mines sous-marines actif lors de la guerre du Golfe (1990-1991).
L’article détaillé est à lire dans le numéro de juin d’Eos.
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