Les chercheurs ont créé un virus de la grippe aviaire hautement transmissible entre mammifères, y compris d'humain à humain.

Les scientifiques de Rotterdam annoncent la reprise de leurs études controversées sur la propagation de la grippe aviaire. Ils avaient développé un virus capable de se transmettre facilement et rapidement d'un mammifère à l'autre, y compris d'humain à humain. Les craintes que ces données ne tombent entre de mauvaises mains, notamment chez des terroristes, avaient conduit à une pause volontaire des travaux il y a un an.
Les équipes de Rotterdam et leurs collaborateurs internationaux publient cette annonce dans les revues Nature et Science, jeudi prochain. « Nous avons observé une pause pour exposer les bénéfices pour la santé publique, détailler les mesures de mitigation des risques et permettre aux organisations et gouvernements de réviser leurs politiques », expliquent les chercheurs. Les questions sont résolues dans certains pays et en voie de l'être dans d'autres.
Les scientifiques reconnaissent les risques inhérents. « Cependant, face au danger naturel qu'un virus aviaire muté devienne transmissible chez les mammifères, les avantages l'emportent sur les risques. »
La recherche pourrait redémarrer aux Pays-Bas, tandis qu'aux États-Unis, des ajustements restent nécessaires.
Dirigée par Ron Fouchier de l'Erasmus MC à Rotterdam, cette étude porte sur le H5N1. Une mutation rendant le virus transmissible d'humain à humain pourrait déclencher une pandémie. Fouchier insiste : le virus étudié n'est pas hautement létal, un vaccin est réalisable, et ces données aident à anticiper les mutations naturelles.
La publication des résultats avait été bloquée par les Pays-Bas et les États-Unis. Elle a été autorisée en juin.
Les infections humaines par H5N1 sont rares mais mortelles (plus de 50 % de létalité, environ 350 décès enregistrés). Une variante transmissible humain à humain pourrait causer une pandémie comparable à la grippe espagnole de 1918-1919 (50 millions de morts).