Des scientifiques américains de l'Université de l'Oregon ont réalisé une avancée majeure en clonage d'embryons humains, utilisant la technique de transfert nucléaire à cellules somatiques (SCNT), celle-là même qui a permis la naissance de Dolly la brebis. Ils ont ainsi récolté des cellules souches embryonnaires pluripotentes.

Les cellules souches embryonnaires suscitent un immense espoir en médecine régénérative. Capables de se différencier en presque tous les types de tissus, elles pourraient réparer des organes endommagés, traiter des maladies neurodégénératives ou des lésions cardiaques. Durant la dernière décennie, les chercheurs ont intensivement exploré des méthodes pour les produire. Initialement, les embryons humains semblaient la source idéale, stimulant les travaux sur le clonage. En 2004, le Sud-Coréen Hwang Woo-suk annonça un succès, mais ses résultats furent révélés frauduleux en 2006, freinant les progrès.
Le 15 mai 2013, l'équipe de l'Oregon publia dans la revue Cell son succès historique. À partir de cellules cutanées d'un donneur atteint d'une maladie génétique (un enfant de huit mois selon les rapports initiaux), ils insérèrent le noyau dans des ovocytes humains énucléés. Les embryons clonés atteignirent le stade blastocyste (environ 150 cellules après cinq jours), permettant l'extraction de cellules souches viables.
Pour les thérapies personnalisées, l'avantage clé du clonage est la compatibilité génétique parfaite : les cellules souches issues de l'ADN du patient évitent les rejets immunitaires. Notez que ces embryons sont de minuscules blastocystes, loin d'un fœtus viable, contrairement aux stades antérieurs limités à 6-12 cellules.
Et après ?
Cette percée arrive après l'invention des cellules souches pluripotentes induites (iPS) en 2006-2007 par Shinya Yamanaka (Prix Nobel 2012). Cette méthode reprogramme des cellules adultes (comme cutanées) sans embryons ni donneuses d'ovocytes, contournant les dilemmes éthiques.
Cependant, le clonage apporte une valeur ajoutée : comparer les cellules souches embryonnaires clonées aux iPS pour optimiser les thérapies et mieux comprendre les maladies génétiques.
Les opposants, considérant tout embryon comme une vie potentielle, plaident pour une interdiction internationale de ces techniques.
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