Le professeur Jean-Jacques Cassiman de la KU Leuven a démontré que la tête présumée du roi Henri IV de France et le sang sur le mouchoir de Louis XVI ne correspondent pas à l'ADN de la dynastie des Bourbons.

Le Pr. Jean-Jacques Cassiman, expert en identité médico-légale à la KU Leuven, réfute les conclusions antérieures de chercheurs français et espagnols : la tête attribuée à Henri IV (1553-1610) et le sang du mouchoir de Louis XVI (1754-1793) ne matchent pas l'ADN bourbonien.
Des collectionneurs français affirmaient détenir la tête momifiée d'Henri IV et un mouchoir imprégné du sang de Louis XVI. Il y a quatre ans, des études publiées dans le British Medical Journal avaient validé l'identité de la tête, et des analyses génétiques récentes suggéraient un lien paternel étroit. Des historiens dubitatifs ont alors sollicité l'expertise du Pr. Cassiman.
Cassiman et son équipe ont comparé l'ADN extrait de la tête et du mouchoir à celui de trois descendants vivants des Bourbons, en se focalisant sur le chromosome Y pour la lignée paternelle. Résultat : aucune correspondance, sauf en cas de rupture de filiation paternelle à deux reprises, scénario hautement improbable.
Côté maternel, l'ADN mitochondrial (transmis uniquement par les femmes) n'établit aucun lien avec Henri IV, nécessitant au moins une rupture de lignée maternelle – une hypothèse quasi impossible dans la généalogie du roi.
Le sang du mouchoir provient, avec 84,2 % de certitude, d'une personne aux yeux non bleus, alors que Louis XVI était connu pour ses yeux bleus. Quant à la tête momifiée, l'ADN est trop dégradé pour une identification formelle, mais les données historiques rendent l'attribution à Henri IV très improbable, selon le communiqué de l'étude.
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