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Springer et IEEE retirent plus de 120 articles scientifiques frauduleux générés par ordinateur

Deux grands éditeurs scientifiques, Springer et IEEE, ont été contraints de retirer plus de 120 articles absurdes générés par un programme informatique. Cette affaire est rapportée par Nature.

Springer et IEEE retirent plus de 120 articles scientifiques frauduleux générés par ordinateur

Springer et l’American Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE) ont retiré ces publications de leurs revues et bases de données suite à la découverte de l’informaticien français Cyril Labbé. Ces articles, parus entre 2008 et 2013 dans plus de 30 actes de conférences, étaient truffés d’absurdités. Seize d’entre eux provenaient de revues Springer, et une centaine d’IEEE. Principalement écrits par des auteurs chinois pour des conférences en Chine, ils ont été signalés par Labbé, qui a poussé les éditeurs à agir.

SCIgen

Cyril Labbé a passé deux ans à traquer les productions du programme gratuit SCIgen, développé en 2005 par des chercheurs du MIT. Ce générateur aléatoire de textes informatiques visait initialement à démontrer la facilité de berner les comités de conférences avec des contenus incohérents. Aujourd’hui, il pollue aussi les actes de conférences publiés en revues. Springer, qui publie 2 200 revues et 8 400 livres par an, enquête toujours et vérifie ses archives. Ces articles ont pourtant passé un peer review et une relecture éditoriale.

En octobre 2013, le journaliste John Bohannon avait déjà révélé les failles des revues en accès libre, où 150 faux articles ont été acceptés contre paiement de frais de publication, malgré un examen par les pairs défaillant.

Failles du système

Cette affaire SCIgen montre que les lacunes touchent aussi les revues traditionnelles d’éditeurs prestigieux. « Rien n’indique que les revues en accès libre sont pires en matière de peer review que les classiques », note Labbé dans Nature.

L’un des pionniers de cette critique fut le physicien Alan Sokal, qui en 1996 fit publier un article absurde dans Social Text pour dénoncer les faiblesses du contrôle académique.


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