La Corée du Nord ne semble pas avoir réalisé un sixième essai nucléaire en 2010, contrairement à ce qui avait été supposé. Il s'agissait en réalité d'un simple tremblement de terre mineur.

En mai 2010, des stations de surveillance en Russie, au Japon et en Corée du Sud ont détecté des éléments radioactifs dans l'air, évoquant les retombées d'une explosion nucléaire. Les scientifiques, en reconstituant la trajectoire via des modèles météorologiques, ont pointé vers une zone de Corée du Nord où le régime de Kim Jong-il (décédé en 2011) avait déjà conduit deux essais en 2006 et 2009. La date estimée : le 12 mai 2010. Pourtant, le bilan officiel nord-coréen reste à cinq essais confirmés, le dernier en septembre de l'année précédente.
La première enquête en 2010 n'avait relevé aucun séisme. L'Organisation du traité d'interdiction complète des essais nucléaires (OTICE/CTBTO), qui monitore les essais via traces radioactives et signaux sismiques, n'avait rien détecté. De plus, Pyongyang n'avait pas revendiqué l'événement, contrairement à ses cinq essais ultérieurs.
En 2015, des sismologues chinois ont identifié un séisme de magnitude 1,5 près de la frontière sino-coréenne le 12 mai 2010, l'attribuant à une explosion nucléaire de faible puissance.
Des experts sismologues américains, après analyse des données chinoises et comparaison avec d'autres événements, concluent différemment : les ondes sismiques correspondent à un tremblement de terre naturel, sans caractéristiques d'une explosion souterraine, et sans dommages significatifs.
Reste la question des traces radioactives. Sans accès des observateurs de l'OTICE en Corée du Nord, l'origine exacte reste incertaine. Une hypothèse : un séisme local aurait pu endommager un laboratoire nucléaire, libérant des éléments radioactifs.
[]