La semaine dernière, les muons cosmiques ont permis de découvrir un espace inconnu dans la Grande Pyramide de Gizeh. Ces particules subatomiques offrent également un potentiel révolutionnaire pour surveiller les déchets radioactifs à distance sécurisée.

Le stockage à sec des déchets nucléaires doit être surveillé de près, mais les techniques existantes ne permettent pas de voir à travers les parois épaisses des capsules.
Cette nouvelle méthode peut aider à localiser les fuites de combustible nucléaire dans les décombres de la centrale de Fukushima.
À la fin de leur cycle dans un réacteur nucléaire, les assemblages de combustible usé sont évacués et stockés dans des conditions strictes, d'abord dans des piscines de refroidissement.
Une fois les produits de fission à vie courte disparus, le combustible est transféré vers un stockage à sec. L'uranium, le plutonium et les autres éléments radioactifs à vie longue sont encapsulés dans des conteneurs métalliques épais. Après cette phase, un stockage géologique profond est envisagé, bien que seuls quelques pays y travaillent activement.
Ce stockage à sec nécessite une surveillance rigoureuse : radiations, infiltrations d'eau ou autres facteurs peuvent endommager les capsules, libérant des matériaux hautement radioactifs.
Les techniques classiques comme les rayons X ou les neutrons ne pénètrent pas ces parois épaisses.
Des experts nucléaires américains ont développé une méthode innovante utilisant les muons cosmiques. En traçant leur trajectoire, il est possible de détecter la présence d'uranium ou de plutonium.
Contrairement aux photons ou neutrons, les muons traversent facilement l'acier, le cuivre ou l'aluminium, mais sont arrêtés par les métaux lourds du combustible nucléaire usé.
La technique a été testée avec succès dans une installation de stockage de combustible usé en Idaho, distinguant précisément les capsules pleines des vides, à distance sécurisée.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne s'intéresse à cette technique de surveillance développée en 2020. Elle pourrait détecter des fuites à Fukushima ou vérifier le retour du combustible iranien suite à l'accord nucléaire.