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Supervolcan : une simple différence de densité suffit à déclencher l'éruption

Il suffit d'une faible variation pour qu'un supervolcan entre en éruption. Une différence de densité entre le magma et l'environnement environnant est suffisante, selon une étude suisse rigoureuse.

Supervolcan : une simple différence de densité suffit à déclencher l éruption

Une simple différence de densité déclenche l'éruption d'un supervolcan, affirment des chercheurs suisses. Aucun séisme préalable n'est nécessaire.

Contrairement à un volcan ordinaire, un supervolcan possède une chambre magmatique bien plus vaste, aux bords chauds et plastiques. Sa forme évolue avec les variations de pression. C'est pourquoi les éruptions sont rares : la chambre s'étire, maintenant la pression à des niveaux tolérables plus longtemps.

Les éruptions cataclysmiques surviennent néanmoins, comme celle de Yellowstone il y a 600 000 ans, qui a projeté 1 000 km³ de cendres et poussières, bloquant le soleil et faisant chuter les températures mondiales. La plus récente, au lac Toba il y a 75 000 ans, figure parmi une vingtaine de supervolcans identifiés sur Terre.

Prévoir ces éruptions est ardu : rares, elles manquent de données statistiques fiables et fonctionnent différemment des volcans classiques.

Des géologues de l'Université de Genève et de l'ETH Zürich ont reproduit en laboratoire les conditions extrêmes d'un supervolcan dormant. Ils ont simulé 1,2 million d'éruptions en variant facteurs comme l'apport de nouvelle lave et les changements de pression.

Analogie du ballon de plage

La découverte clé : la différence de densité entre le magma chaud entrant et la roche froide environnante suffit à propulser le magma vers le haut. Imaginez un ballon de plage gonflé sous l'eau : sa faible densité le fait remonter inévitablement. À l'inverse, les volcans ordinaires explosent sous l'effet d'une pression accumulée, comme une bouteille de champagne sous pression.

Selon cette recherche, les séismes externes ne sont pas indispensables. Ce mécanisme suggère que les éruptions supervolcaniques pourraient être 10 à 100 fois plus fréquentes qu'estimé. « Cependant, notre modèle assume un apport uniforme de magma, ce qui n'est pas toujours le cas en réalité, tempèrent les auteurs. La fréquence réelle pourrait donc être moindre. »

Les scientifiques ne prévoient aucune super-éruption imminente, bien qu'inévitable à très long terme. L'étude est parue dans Nature Geoscience 2020 (a).


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