FRFAM.COM >> Science >> Environnement

Défaunation : 322 espèces de vertébrés disparues en 500 ans, un déclin silencieux mais rapide

Au cours des 500 dernières années, 322 espèces de vertébrés terrestres ont disparu. Les populations des espèces restantes ont diminué en moyenne de 25 %. Une équipe internationale de chercheurs publie ces alarmants chiffres dans la revue Science, évoquant la « défaunation », en clin d'œil à la « déforestation ».

Défaunation : 322 espèces de vertébrés disparues en 500 ans, un déclin silencieux mais rapide

La déforestation se surveille facilement via les images satellites, mais le déclin des espèces animales est plus complexe à quantifier. Le nombre exact d'espèces animales sur Terre reste inconnu : sur 5 à 9 millions estimées, 11 000 à 58 000 disparaissent chaque année.

De 16 à 33 % des vertébrés sont vulnérables ou menacés d'extinction, les amphibiens étant les plus touchés avec 40 % des espèces en danger. Ce phénomène mondial présente des variations régionales : mammifères et oiseaux déclinent le plus sous les tropiques.

Les invertébrés ne sont pas épargnés. L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a évalué seulement 1 % des 1,4 million d'espèces décrites, mais 40 % d'entre elles sont menacées. Pour les papillons et mites, les populations ont chuté de plus d'un tiers en 40 ans.

Défaunation : 322 espèces de vertébrés disparues en 500 ans, un déclin silencieux mais rapide

Ce déclin animalier a des répercussions graves pour les écosystèmes et l'humanité : problèmes de pollinisation, d'alimentation, de purification de l'eau, et émergence de ravageurs ou maladies. « La perte d'espèces apparemment insignifiantes est tout aussi tragique », souligne Rodolfo Dirzo, de l'université de Stanford, co-auteur de l'étude. « Chacune représente 3,5 milliards d'années d'évolution. »

Les grands animaux, ceux à reproduction lente, nécessitant de vastes territoires ou confinés à quelques sites, sont particulièrement vulnérables. Chasse excessive, destruction d'habitats, espèces invasives et changement climatique en sont les causes principales. Les chercheurs estiment que la chasse et la perte d'habitat sont les plus faciles à contrer. (ddc)

[]