Les grandes créatures marines sont en péril. Sans action urgente, elles pourraient subir le même sort que le mammouth laineux.

Les géants des mers, comme la baleine bleue, le requin blanc, le thon rouge et les bénitiers géants, sont gravement menacés. Si rien ne change, leur extinction est imminente, à l'image du mammouth.
Selon des biologistes, la crise actuelle de biodiversité – avec de nombreuses espèces animales et végétales vulnérables ou en voie d'extinction – constitue la sixième grande vague d'extinction dans l'histoire de la Terre. Certains sceptiques pourraient arguer que ces événements massifs font partie du cycle naturel de la vie terrestre. Cependant, cette vague actuelle se distingue fondamentalement des précédentes.
C'est la conclusion d'une étude menée par des biologistes américains, centrée sur la vie marine. Les océans sont le théâtre principal de cette crise, comme lors des cinq vagues antérieures survenues au cours des 500 derniers millions d'années. Pourtant, la comparaison des données actuelles et fossiles révèle des différences majeures.
Lien linéaire entre masse corporelle et risque d'extinction
Aujourd'hui, ce sont principalement les espèces les plus massives qui sont les plus vulnérables. Les chercheurs ont identifié une relation linéaire claire : une espèce dix fois plus lourde court 13 fois plus de risque d'extinction.
La disparition de ces mastodontes marins pourrait avoir des conséquences graves, car ils occupent des niches uniques au sommet de la chaîne alimentaire, difficiles à combler rapidement.
L'humanité est la principale responsable
Il est clair que l'activité humaine est en cause. Il y a 10 000 ans, nous avons contribué à l'extinction du mammouth sur terre ; aujourd'hui, c'est au tour des géants marins. Cela résulte surtout de nos pratiques de pêche sélective depuis des siècles : nous ciblons d'abord les plus grosses espèces, puis descendons la chaîne alimentaire à mesure qu'elles se raréfient.
Nous pêchons d'abord les espèces les plus grosses, puis, lorsqu'elles se raréfient, nous descendons progressivement la chaîne alimentaire.
Les impacts d'une extinction massive de ces espèces sur les écosystèmes marins restent méconnus. Les chercheurs, comme Jonathan Payne de l'université de Stanford, admettent ne pas savoir à quoi ressemblerait un océan sans requins, thons rouges, rorquals ou bénitiers géants, ni comment l'équilibre écologique et les cycles nutritifs en seraient affectés.
Le vent peut-il tourner ? Payne cite des succès comme l'éléphant de mer du Nord, sauvé par une réglementation stricte et un repeuplement ciblé. Toutefois, il met en garde contre un simple déplacement du problème vers des espèces plus petites. "Nous devons être prudents pour ne pas aggraver la situation ailleurs", souligne-t-il.
Source : Jonathan Payne, Université de Stanford, États-Unis (publié dans Science)