De nombreux insectes sélectionnent leurs partenaires en fonction des phéromones qu'ils émettent. Les femelles peu attractives gagnent à rester à proximité d'individus plus séduisants.

Une équipe de biologistes américains et néerlandais a étudié le comportement pré-accouplement du papillon de nuit Heliothis virescens. Résultat frappant : les femelles peu attractives ont plus de chances de trouver un partenaire et de se reproduire lorsqu'elles sont près de femelles ou d'espèces attractives.
Si les mâles choisissaient systématiquement la femelle la plus attirante, l'évolution d'une population mènerait à une uniformité rigide vers le "peu appétissant". Or, comme chez de nombreux insectes, les mâles se fient aux phéromones émises par les femelles, favorisant une sélection graduelle. Les biologistes ont identifié le mécanisme en jeu.
Les femelles de H. virescens produisent un large spectre de phéromones, détectables par les mâles à des centaines de mètres. Certaines sont attractives, d'autres beaucoup moins.
Surprise : une femelle peu attractive près d'une rivale séduisante attire davantage de mâles, profitant des erreurs de navigation de ces derniers.
Plus étonnant encore, les femelles attractives voient aussi leur taux de reproduction augmenter en présence de femelles moins appétissantes. Cela éclaire le contexte social complexe des populations de papillons de nuit.