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L'Ouest américain affronte sa sécheresse la plus longue depuis au moins 1 200 ans

L'Ouest des États-Unis et le nord du Mexique subissent de graves pénuries d'eau. La sécheresse actuelle épuise les aquifères, réduit les réserves des réservoirs et exacerbe les incendies de forêt. Une nouvelle étude révèle que cette région traverse sa période la plus sèche depuis au moins 1 200 ans.

Grâce à une analyse des cernes d'arbres et des données de précipitations, trois chercheurs ont déterminé que la sécheresse débutée en 2000 est la plus longue sur 22 ans depuis l'an 800. Il s'agit d'une méga-sécheresse – prolongée au-delà de 20 ans – qui pourrait s'étendre à une 23e année. Dans 75 % des simulations, elle durerait 30 ans. Les résultats, publiés lundi dans Nature Climate Change, sont sans appel.

"Notre société repose sur les volumes d'eau des années 1900", explique Park Williams, bioclimatologue principal à l'Université de Californie à Los Angeles, dans une interview à NPR. "Avec la diminution des ressources hydriques, il est urgent d'adapter notre consommation."

2019 fut une année humide en Californie, ravivant l'espoir d'une fin de sécheresse. Mais 2020 et 2021 ont inversé la tendance : 2021 fut la 12e année la plus sèche sur la période 800-2021.

L'étude montre que le changement climatique anthropique a amplifié la sécheresse : sans lui, sa gravité n'aurait été que 60 % de l'actuelle, selon Williams au New York Times.

"L'Ouest est naturellement sujet à des fluctuations, mais une tendance à l'assèchement émerge", note Williams au Los Angeles Times. Avec l'aggravation du réchauffement, les sécheresses pourraient s'intensifier. Les gestionnaires de l'eau doivent anticiper une norme plus sèche : "Préparons-nous à un avenir aride, sans compter sur un retour à la normale."

Les nappes phréatiques et réservoirs agissent comme tampons, mais s'épuisent rapidement. "Ces filets de sécurité pourraient disparaître d'ici 10 à 20 ans", alerte Williams.

Les symptômes sont visibles : les lacs Powell et Mead, sur le Colorado, ont atteint des niveaux historiquement bas l'été dernier. Incendies et perte de biodiversité s'aggravent.

D'autres modèles confirment ce dessèchement, dû au réchauffement des sols et à des précipitations incertaines, selon Samantha Stevenson (Université de Californie à Santa Barbara) au New York Times. "Nous entrons dans une ère sans précédent."

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