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Vague de chaleur record en Asie du Sud : un fléau pour la santé humaine amplifié par le changement climatique

Une vague de chaleur extrême traverse l'Asie du Sud, marquant l'arrivée précoce de l'été sous l'effet du changement climatique. Dans certaines régions, les températures ont déjà dépassé 49 °C (120 °F).

Cette année, l'Inde a enregistré ses mois de mars et avril les plus chauds depuis plus d'un siècle. Des écoles ont fermé précocement, les hôpitaux sont en alerte maximale et au moins 25 personnes ont succombé à un coup de chaleur.

"Avant que les activités humaines n'augmentent les températures mondiales, une chaleur comme celle qui a frappé l'Inde début ce mois aurait été observée environ une fois tous les 50 ans", explique Mariam Zachariah, chercheuse en eau et climat à l'Institut Grantham de l'Imperial College de Londres, dans The Guardian. "Aujourd'hui, cet événement est bien plus fréquent : nous pouvons anticiper de telles températures une fois tous les quatre ans."

Dans la région, peu de résidents trouvent du répit. Seule une minorité de la population sud-asiatique dispose de climatisation ; en 2019, seulement 7 % des ménages indiens en étaient équipés. L'usage des appareils de refroidissement a pourtant explosé, provoquant des coupures d'électricité imposées aux usines dans des États comme le Rajasthan, le Gujarat et l'Andhra Pradesh pour limiter la consommation énergétique. Au cœur de cette canicule, l'Inde fait face à une crise énergétique, ses réserves de charbon – principale source d'électricité – s'épuisant rapidement.

Ces périodes prolongées de chaleur extrême sont intenables pour la santé humaine. "Avec la combinaison de chaleur et d'humidité, le corps humain finit par ne plus pouvoir fonctionner normalement", alerte Ulka Kelkar, économiste à Bengaluru et experte en changement climatique au World Resources Institute, auprès de NPR. "En Inde, une grande partie de la population travaille encore en extérieur, dans les champs, sur les chantiers ou dans des usines non climatisées."

Outre la canicule, un déficit de précipitations aggrave la situation hydrique dans de nombreuses zones. La sécheresse devrait persister jusqu'aux moussons estivales. La chaleur réduit aussi les rendements céréaliers, annonçant une récolte décevante qui impactera agriculteurs et économie régionale.

Les populations musulmanes ont particulièrement souffert durant le ramadan d'avril. L'État du Bihar a recommandé de ne pas sortir après midi, pénalisant les commerces locaux. "Les gens restent chez eux toute la journée. Nous luttons pour survivre", témoigne Rameshwar Paswan, tireur de rickshaw, auprès de ABC News.

Ces phénomènes extrêmes s'inscrivent dans un "signal plus large du changement climatique", selon Amir AghaKouchak, climatalogue à l'Université de Californie à Irvine, cité par MIT Technology Review. Même des hausses progressives des températures mondiales rendront ces épisodes de plus en plus fréquents.


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