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Flash galactique au cœur de la Voie lactée : un spectacle lumineux il y a 3,5 millions d'années

Il y a environ 3,5 millions d'années, nos ancêtres en Afrique ont peut-être assisté à un phénomène céleste spectaculaire : une lueur fantomatique dans la constellation du Sagittaire, durant potentiellement un million d'années. Ce "flash Seyfert" provient d'une éruption massive au centre de notre galaxie, la Voie lactée.

Cette éruption s'est déclenchée quand un immense nuage d'hydrogène gazeux, équivalent à 100 000 masses solaires, est tombé sur le disque d'accrétion entourant le trou noir supermassif galactique. Elle a généré deux cônes de rayonnement ultraviolet intense, perpendiculaires au plan galactique, agissant comme des projecteurs cosmiques illuminant l'espace environnant.

Le cône sud a atteint le courant de Magellan, un vaste ruban de gaz traînant derrière les grands et petits nuages de Magellan, satellites de la Voie lactée. L'hydrogène du courant s'est ionisé, le faisant briller comme un arbre de Noël cosmique.

Flash galactique au cœur de la Voie lactée : un spectacle lumineux il y a 3,5 millions d années

Représentation schématique du "flash Seyfert" au cœur de la Voie lactée, illuminant le gaz du courant de Magellan et formant les bulles de Fermi. (NASA, ESA & L. Hustak (STScI))

Ces observations s'appuient sur les propriétés actuelles du gaz dans le courant de Magellan. Le télescope spatial Hubble a analysé la lumière de 21 quasars distants traversant ce gaz, révélant des ions formés par une source de rayonnement intense.

Le même événement a aussi créé les deux immenses bulles de plasma chaud, dites bulles de Fermi, s'étendant sur environ 30 000 années-lumière au-dessus et au-dessous du plan galactique. Contenant près d'un million de masses solaires de gaz ionisé raréfié, elles ont été détectées il y a dix ans par le télescope spatial Fermi de la NASA.

Ces découvertes, à paraître dans The Astrophysical Journal, ont été présentées lors de la réunion semestrielle virtuelle de l'American Astronomical Society.

Crédit photo : NASA, ESA, G. Cecil (UNC, Chapel Hill) et J. DePasquale (STScI)


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