Les chercheurs espèrent en apprendre davantage sur l'astéroïde Ryugu, et surtout sur l'origine de l'eau et de la vie sur Terre.
"Nous voulons comprendre comment les composés organiques se forment hors de la Terre", déclare Hiroshi Naraoka, professeur de géochimie à l'Université de Kyushu à Fukuoka (Japon) et chef de l'équipe d'analyse des échantillons de Ryugu. Il ajoute : "Cela nous fournira des indices sur l'apparition de l'eau et de la matière organique sur Terre."
Hiroshi Yamakawa, président de la JAXA, précise : "J'espère que cela éclaircira la formation du système solaire et la manière dont l'eau est arrivée sur Terre." Une hypothèse suggère que la Terre doit en partie son eau et sa matière organique aux impacts d'astéroïdes.

Les astéroïdes sont des fragments préservés de l'histoire du système solaire, situés dans ses régions internes (au plus loin de Jupiter).
Découvert en 1999, Ryugu est un astéroïde proche, possiblement un fragment d'un corps plus grand. Ce rocher céleste, riche en carbone – un élément clé de la vie terrestre –, orbite majoritairement entre la Terre et Mars.
Le prédécesseur Hayabusa (2010) fut le premier à ramener des poussières de l'astéroïde Itokawa. Hayabusa2, son successeur, a adopté une approche plus ambitieuse.

Le 3 décembre 2014, Hayabusa2 part pour Ryugu, astéroïde d'un kilomètre de diamètre. En 2018, elle l'atteint à 300 millions de km de la Terre. Elle crée un cratère et prélève des échantillons souterrains en 2019.
La capsule de retour, larguée à 200 km d'altitude le mois dernier, atterrit en Australie le 5 décembre 2020 via parachute, puis est rapatriée au Japon. Ouverte le 14 décembre, elle révèle un matériau noir granuleux de Ryugu.


La quantité exacte reste inconnue (quelques grammes maximum), mais la JAXA la répartira en six parts pour des équipes dès 2021. L'analyse durera plusieurs années.
En 2023, la mission NASA OSIRIS-REx ramènera des échantillons de Bennu, astéroïde similaire.