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Exercice physique : un allié clé contre l'inflammation cérébrale et la maladie d'Alzheimer

Une étude récente démontre que l'activité physique protège le cerveau du vieillissement et contribue à prévenir la maladie d'Alzheimer en réduisant l'inflammation.

Crédit : Johnny Bravoo/Shutterstock

L'activité physique joue un rôle essentiel dans la préservation de la structure et des fonctions cérébrales au fil des ans. Elle est particulièrement bénéfique pour diminuer le risque de maladies neurodégénératives comme Alzheimer.

Si les bienfaits protecteurs de l'exercice sur le cerveau sont connus depuis longtemps, les mécanismes sous-jacents restaient flous. Une étude parue dans le Journal of Neuroscience apporte des éclaircissements : l'exercice modifie l'activité des cellules immunitaires cérébrales, limitant ainsi l'inflammation.

Le rôle crucial de la microglie

La microglie, cellules immunitaires spécialisées du cerveau, surveille en continu les tissus à la recherche de lésions ou d'infections. Elle élimine les débris cellulaires et favorise la neurogenèse – la production de nouveaux neurones essentiels à l'apprentissage et à la mémoire.

Pour agir, la microglie passe d'un état de repos à un état activé par des signaux de pathogènes ou de cellules endommagées. Cela modifie sa forme et déclenche la production de molécules pro-inflammatoires pour réparer les dommages.

Cependant, avec l'âge, une activation inappropriée de la microglie provoque une inflammation chronique, freinant la neurogenèse. Ce phénomène explique en partie le déclin cognitif et est amplifié dans Alzheimer.

Des études sur rongeurs montraient déjà que l'exercice atténuait ces effets néfastes. Cette nouvelle recherche établit pour la première fois un lien chez l'humain entre activité physique, réduction de l'activation microgliale et meilleure cognition.

Crédit : nobeastsofierce/Shutterstock

Une étude longitudinale rigoureuse

Les chercheurs ont analysé 167 participants du Rush Memory and Aging Project, une étude à long terme de l'Université Rush à Chicago sur la santé cérébrale des seniors. Ces derniers ont été suivis annuellement via des traqueurs d'activité, des tests cognitifs et moteurs (force, vitesse de marche).

Les cerveaux ont été examinés post-mortem pour détecter microglies activées, pathologies vasculaires, plaques amyloïdes (marqueur d'Alzheimer) et niveaux de protéines synaptiques (indicateur de la transmission neuronale).

Rester actif à tout âge

Les participants avaient en moyenne 86 ans au début du suivi et 90 ans au décès. Un tiers sans déficience cognitive, un tiers avec déficit léger, un tiers démentiels. Pourtant, 60 % présentaient des signes d'Alzheimer au cerveau, soulignant que ces lésions ne causent pas toujours des symptômes majeurs.

Les plus actifs physiquement présentaient une activation microgliale réduite dans des zones clés comme le gyrus temporal inférieur (impliqué tôt dans Alzheimer), même en présence de plaques. Cela indique que l'exercice atténue l'inflammation néfaste, protégeant la cognition malgré les lésions.

Une activation microgliale accrue était liée à un déclin cognitif plus rapide et des synapses affaiblies.

Des preuves solides et encourageantes

Ces résultats confirment que l'inflammation cérébrale altère la cognition et favorise Alzheimer, tandis que l'exercice renforce la résilience neuronale.

Malgré ses limites – instantané post-mortem et nature observationnelle sans randomisation –, cette étude renforce l'évidence : l'activité physique protège le cerveau même tardivement, aidant à prévenir Alzheimer et à vieillir en autonomie.

Áine Kelly, Professeure en physiologie, Trinity College Dublin

Cet article est republié de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l'original.

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