Initialement conservée à Londres, cette collection exceptionnelle est l'œuvre d'une vie dédiée par le neuropathologiste John Corsellis. De 1954 à 1997, il a suivi les cerveaux de ses patients psychiatriques décédés, amassant plus de 8 000 spécimens. À la fin des années 1990, après le décès de Corsellis, le West London Mental Health Trust, confronté à un manque d'espace, a envisagé de s'en séparer.

Grâce à la ténacité de la chercheuse postdoctorale Violette Coppens et du professeur Manuel Morrens, la collection a été transférée à Anvers. « Elle est unique non seulement par sa taille, mais aussi parce qu'une partie des cerveaux provient d'une époque antérieure à l'usage des médicaments psychotropes », explique le Pr Morrens. « Ainsi, les anomalies cérébrales peuvent être liées aux pathologies avec une plus grande certitude, sans interférence médicamenteuse. »

Les chercheurs anversois affrontent une tâche colossale : sur les 3 348 cerveaux accompagnés de dossiers cliniques détaillés (symptômes, traitements), chacun doit être analysé au microscope. « Nous priorisons la recherche de signes d'inflammation impliqués dans les troubles mentaux », précise Coppens. « Cette collection recèle un trésor scientifique que nous exploiterons pendant de nombreuses années. »
