Trois variantes du parasite Plasmodium falciparum résistantes à l'artémisinine, traitement de référence contre le paludisme, ont été identifiées au Cambodge, selon la BBC.

« L'artémisinine reste très efficace pour l'instant. C'est notre meilleure arme contre cette maladie, et nous devons la préserver », déclare Olivo Miotto, bioinformaticien des universités de Mahidol (Thaïlande) et d'Oxford. Son analyse de l'ADN de 800 parasites, publiée dans Nature Genetics, révèle trois groupes résistants au Cambodge. Ces souches n'ont pas encore été observées ailleurs.
L'ouest du Cambodge est un foyer historique de résistance aux antipaludiques depuis les années 1950. Les mutations y favorisent l'immunité aux médicaments, qui se propage ensuite en Asie et en Afrique. Les raisons génétiques de cette vulnérabilité restent méconnues. Le problème des résistances à l'artémisinine y a émergé en 2008.
Espoir vaccinal
Des nouvelles encourageantes viennent des Pays-Bas. Des chercheurs du Radboudumc, en collaboration avec Leiden et Rijswijk, ont développé une stratégie vaccinale innovante. Le parasite passe d'abord par le foie avant d'infecter les globules rouges et de provoquer les symptômes. En administrant des parasites atténués à des volontaires sains, ils induisent une immunité qui élimine l'infection au stade hépatique, selon une étude dans PNAS.
Avec 650 000 décès annuels (85 % chez les enfants), dont 90 % en Afrique subsaharienne, ce vaccin est crucial. Une propagation des souches résistantes aggraverait la situation. (anp, ma)
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